Charline Anjaramalala Ranaivoson est une éducatrice spécialisée du préscolaire auprès de l’association « Les Enfants du Soleil – EDS » qui prend en charge des enfants de rue et des orphelins afin de restaurer leurs droits fondamentaux, notamment celui de bénéficier d’une éducation de qualité. Selon ses dires, se charger de l’éducation de ces enfants s’avère un défi qu’il faut toujours relever pour parvenir à la réussite de leur réinsertion sociale. Interview.
(*) Les Nouvelles : Quels sont les problèmes rencontrés dans l’éducation d’un enfant de rues ?
(-) Charline Anjaramalala Ranaivoson : Les enfants de rues subissent quotidiennement des agressions et des violences physiques qui détruisent leur équilibre mental. Comme moyen de protection, ils s’enferment ainsi sur eux-mêmes, ce qui rend difficile leurs éducations. C’est toujours un défi mais une fois qu’on a réussi à franchir les obstacles, cela rend la tâche beaucoup plus facile car ils deviennent plus attentifs.
* Quels sont les méthodes que vous avez appliquées auprès d’eux et quels ont été les impacts ?
– La méthode d’éveil des cinq sens nous a pour beaucoup facilité dans l’éducation de nos protégés et depuis l’année scolaire 2025-2026, on a inséré le programme « Think Equal » notamment auprès des tout-petits. En effet, à part le renforcement du processus d’éveil de leur cinq sens, le changement des comportements est un des premiers résultats tangibles apportés par ce programme. Etant des enfants de rue, ils n’ont aucun sens de la discipline et d’une vie communautaire. Or, grâce à Thik Equal, ils ont su comprendre leurs émotions et ainsi de les partager. Ils sont devenus plus sociables, communicatifs, et responsables de leurs actes.
* Pouvez-vous citer des exemples ?
– Oui, une petite orpheline de 8 ans, se trouvant en pleine dépression et très renfermée, est devenue plus tard sûre d’elle et n’hésite plus, actuellement, d’exprimer ouvertement ses idées et intentions. Il en est de même pour un garçon de 7 ans qui a l’habitude d’être dominateur dans tout ce qu’il entreprend. Il est ainsi prêt à se battre physiquement dès qu’il se sent menacé, influencé sans doute par le mode vie de la rue. Actuellement, il partage avec compassion auprès de ses camarades tout ce qu’il sait avec un sentiment de veiller les uns sur les autres.
* Vos conclusions ?
– Cela fait plus de dix ans que je suis dans l’éducation du préscolaire. Force est toutefois de constater que « Think Equal » a beaucoup apporté dans le développement de l’enfant, en particulier sur son apprentissage social et émotionnel. Grâce à des chants et des jeux, les enfants ont pu comprendre leurs émotions, développer leur empathie et renforcer leur capacité à résoudre les conflits de manière constructive dès leur plus jeune âge.
Propos recueillis par Sera R.




