Quatre ans du projet Gesda: une flotte modernisée, mais des défis persistants

Quatre années d’appui technique ont permis à la Société municipale d’assainissement (SMA) de franchir un cap dans la gestion de son parc automobile. Maintenance modernisée, outils numériques, économies de carburant et meilleure organisation des interventions figurent parmi les acquis du Projet d’amélioration du système de gestion des déchets solides à Antananarivo (Gesda). Mais derrière ces avancées, les défis budgétaires et humains continuent de freiner la collecte des quelque 900 tonnes de déchets produites chaque jour à Antananarivo.

Ce constat a été au cœur du deuxième atelier de partage des résultats de la sous-composante « Maintenance et gestion des équipements » du projet Ges­da organisé hier au siège de la Société municipale d’assainissement (SMA), à Am­pasapito. La rencontre a réuni le ministère de l’Eau, de l’assainissement et de l’hygiène (MEAH), la Com­mune urbaine d’Antanana­rivo (CUA), la SMA et l’Agence japonaise de coopération internationale (Jica).

Pendant quatre ans, les équipes techniques malgaches et les experts japonais ont travaillé à transformer la gestion de la flotte de la SMA. Le projet a permis l’introduction d’un système d’inspection périodique basé sur le cloud, d’un tableau de bord numérique pour le suivi quotidien des véhicules, ainsi que de procédures d’inspection avant chaque départ. L’atelier mécanique a également été réhabilité et les mécaniciens dotés d’outils individuels afin d’améliorer la qualité des interventions.

Les résultats sont déjà perceptibles. Selon Andry Rajaoferison, directeur de l’Assainissement au MEAH, le parc automobile fonctionne globalement dans de bonnes conditions malgré les pannes inhérentes à l’utilisation intensive des véhicules. « Les matériels roulants con­naissent forcément des défail­lances, mais les équipements endommagés sont réparés ou remplacés. Dans l’ensemble, les résultats sont satisfaisants », a-t-il indiqué.

Le projet a également renforcé le suivi des consommations de carburant, générant une économie estimée à près de 1.000 litres par jour, tout en instaurant une analyse systématique des accidents afin d’améliorer la sécurité routière.

Des moyens encore insuffisants

Malgré ces progrès, les contraintes restent importantes. La capitale produit près de 900 tonnes de dé­chets par jour, alors qu’en moyenne seuls 25 camions sont mobilisés quotidiennement pour la collecte. D’au­tres véhicules restent immobilisés, faute de budget ou de chauffeurs.
Pour Uzawa Koji, expert du projet Gesda au sein de Jica, les difficultés ne relèvent plus uniquement de l’aspect technique. « Si tous les camions pouvaient être mis en circulation, avec des moyens financiers suffisants et un nombre adéquat de chauffeurs, la collecte serait beaucoup plus efficace », a-t-il souligné. Il rappelle que la SMA assure une mission de service public dont le fonctionnement dépend largement des recettes issues de la Rede­vance sur les ordures ménagères (Rom).

Même son de cloche du côté de Tantely Raoelijaona, DG de SMA qui estime que les recettes de la Rom, complétées par les subventions de la CUA et du MEAH, demeurent insuffisantes pour permettre à la société de fonctionner dans des conditions optimales. Le responsable au sein de la Jica insiste sur le fait que la solution ne réside pas dans une hausse des impôts, mais dans une augmentation du nombre de contribuables qui s’acquittent effectivement de cette redevance.

Fahranarison

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