Tout le peuple malgache

Le Président de la Refondation de la Ré­publique de Madagas­car a récemment déc­laré que des élections se dérouleront le mois de juillet 2027. De quelle(s) élection(s) s’agit-
il ? Pour le moment, aucune précision n’a été donnée à ce sujet. Ce qui ne permet pas de savoir si ce sera une élection de proximité, un référendum constitutionnel, … .
Si une élection se tient à cette date, cela ne peut signifier que le pouvoir actuel estime que la concertation na­tionale sera bouclée avant. Autrement, à quoi servirait de faire des élections si tous les préalables à la mise en place d’une stabilité politique de notre pays ne sont pas encore en place.
Et le premier de ces préalables est incontestablement la tenue de la concertation nationale. Cette dernière devrait permettre d’appréhender les aspirations exprimées par la population. Autrement dit, ce sera l’occasion pour les Mal­gaches de s’exprimer sur la manière dont ils veulent être gouvernés.
Lors des crises précédentes, on n’a fait que chercher à réconcilier les deux parties antagonistes dans un affrontement classique (ancien pouvoir et le nouveau, la majorité et l’opposition, les partis politiques). Et leur réconciliation pouvait se faire autour d’une table.
Alors que c’est une utopie de vouloir ré­concilier deux ou plusieurs partis politiques dans la mesure où la raison d’être même d’un parti politique est la con­quête du pouvoir. Un parti politique qui n’y pense pas est destiné à jouer éternellement les seconds rôles.
Et à force de jouer de la figuration, l’équipage quelque peu déçu du manque d’ambition des leaders, finit toujours par quitter le navire. C’est ce qu’ont vécu de nombreux partis po­litiques qui, finalement, ont complètement disparu du paysage politique malgache.
Mais cette fois-ci, les choses se présentent différemment car cette crise est partie de la rue. Il faut reconnaître que quel­que chose de très profond ne marche plus suite aux écarts considérables entre les promesses politiques et la réalité quotidienne, entraînant une défiance envers la gouvernance du pays.
Cela a causé une rupture profonde entre un système de pouvoir et une grande partie de la population qui ne lui faisait plus confiance. Seuls les partisans du pouvoir en place et tous ceux qui en profitaient directement ou indirectement s’accrochaient encore aux restes du pouvoir.
Dans ces conditions, une table ronde réunissant exclusivement des politiciens ne suffira plus à rétablir cette con­fiance. Il n’en sortirait que des solutions ou plutôt des compromis entre tous ceux qui se dis­putent le pouvoir. Or, en dernière instance, la décision finale appartient à tout le peuple malgache.

Ranaivo Lala Honoré

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