Ralentissement économique: le Gem ramène la prévision de croissance à 3,8 %

Ralentissement ! La croissance économique de Madagascar devrait s’établir à 3,8 % en 2026, contre 4,8 % initialement prévus dans la loi de finances initiale. Le Groupement des entreprises de Madagascar (Gem) vient de revoir ses prévisions dans sa note de conjoncture consacrée au premier semestre 2026.

Ledit document note plusieurs facteurs qui freinent l’activité économique nationale. La hausse des coûts mondiaux de l’énergie et du transport pèse notamment sur les entreprises. Des contraintes structurelles internes aggravent également cette situation limitant la capacité de l’économie à maintenir son ry­thme de progression. Le Gem appelle ainsi à une vigilance accrue face à cette conjonc­ture.

Les tensions restent par ailleurs fortes sur le front des prix. L’inflation annuelle a atteint 8,6 % à la fin juin 2026 qui réduit le pouvoir d’achat et renchérit les coûts pour les entreprises. Mais, la Banky Foiben’i Madagasi­kara a réagi à cette pression en portant son taux directeur à 12,5 % au début du mois d’août, afin de contenir les tensions inflationnistes.

La monnaie nationale a toutefois connu une évolution favorable durant le se­mestre. L’ariary s’est apprécié de 7 % face au dollar américain et a gagné 9,3 % face à l’euro. Les réserves officielles en devises restent, par ailleurs, à un niveau confortable. Elles atteignaient 3,68 milliards de dollars à la fin juin, ce qui représente environ sept mois d’importations.
Déficit commercial

Les échanges extérieurs restent néanmoins préoccupants. Le déficit commercial s’est creusé pour atteindre 1,19 milliard de dollars. La forte progression des importations énergétiques explique principalement cette détérioration, avec une facture énergétique qui a bondi de 74,3 %. Cette hausse accentue la pression sur les comptes extérieurs du pays.

Les exportations présentent, en revanche, des résultats contrastés. Le girofle et le cobalt ont enregistré des pro­gressions, qui n’ont toutefois pas compensé le recul d’autres filières. En même temps, les commandes de la zone franche textile ont diminué et les recettes du nickel ont également reculé, en raison de la suspension temporaire des activités d’Ambatovy.

Enfin, l’exécution budgétaire reste enfin limitée. A la fin juin, le Programme d’investissements publics (PIP) n’avait consommé que 12,5 % de son enveloppe annuelle. Pour le Gem, ces indicateurs traduisent une conjoncture encore fragile. La maîtrise de l’inflation, des coûts énergétiques et des contraintes structurelles reste déterminante.

Arh.

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