La confiance entre une partie de la classe politique et la Commission électorale nationale indépendante (Ceni) reste fragile, malgré le renouvellement de ses membres. Le HVM et Otrikafo continuent notamment d’exprimer des réserves sur la capacité de l’institution à garantir un processus électoral transparent et crédible.
Selon Rivo Rakotovao, président national du HVM, la méfiance entre les partis politiques et la Ceni n’a pas totalement disparu. Le remplacement des membres de la Commission ne suffit pas, selon lui, à écarter les craintes d’un retour à certaines pratiques du passé. Le HVM estime que la confiance ne se repose pas seulement sur des personnes qui composent la Ceni, mais également sur des mécanismes et des procédures encadrant l’organisation des élections.
Il reconnaît toutefois que les partis politiques ont eux aussi une responsabilité dans la préparation des scrutins. Ils doivent notamment sensibiliser les citoyens à l’importance de leur inscription sur les listes électorales. La fiabilité du fichier électoral dépend donc aussi de la participation des électeurs et de l’implication des formations politiques.
Le HVM attire également l’attention sur le rôle des fokontany dans la mise à jour des listes électorales. Le parti s’interroge sur le mode de désignation des chefs de fokontany, alors que ces responsables locaux participent directement aux opérations liées à l’identification et à l’inscription des électeurs. Pour le HVM, cette question doit être examinée afin d’éviter que davantage de soupçons ne pèsent sur le processus électoral.
La formation politique propose par ailleurs une réforme plus large des règles électorales. Elle souhaite notamment la suppression des candidatures indépendantes. Selon Rivo Rakotovao, les candidatures présentées à titre individuel affaiblissent les partis politiques et contribuent à alimenter la lassitude d’une partie de la population, à l’égard de la classe politique.
Otrikafo partage également certaines inquiétudes concernant la Ceni. Son président, Elia Rabevahiny, évoque particulièrement la constitution des nouvelles listes électorales. Il estime que les doutes exprimés par les citoyens, les partis politiques et les organisations de la société civile, restent légitimes. Le parti s’interroge aussi sur le maintien de certains dispositifs de contrôle du processus électoral, dont la suppression avait été réclamée lors de précédentes mobilisations.
Ces différentes prises de position montrent que le principal défi de la Ceni ne sera pas seulement d’organiser techniquement les prochaines élections. L’institution devra également parvenir à convaincre les acteurs politiques, la société civile et les électeurs, de la fiabilité et de la transparence des procédures. Malgré les changements intervenus au sein de la Commission, la restauration de la confiance demeure ainsi l’un des principaux enjeux du prochain cycle électoral.
Rakoto




