Le programme Mianatra a servi ses premiers repas scolaires, hier, à la cantine de l’école primaire publique (EPP) d’Ambohitsabo, à Toliara I. La société minière Vara Mada finance cette initiative à hauteur de 1,2 million de dollars, mise en œuvre par l’ONG Global Communities et en faveur de 35 écoles publiques de la région Atsimo Andrefana.
Ces écoles nourrissent 10.000 enfants chaque jour de classe. Et comme l’année scolaire compte 170 jours, le programme distribuera ainsi près de deux millions de repas sur la période de 2026-2027. À terme, Mianatra profitera à 70 écoles, réparties dans cinq communes riveraines du projet minier : Toliara I, Belalanda, Maromiandra, Tsihanisia et Ankilimaliniky.
Vara Mada est une filiale de l’américain Energy Fuels. Elle a repris l’ancien projet minier de Base Toliara. La construction n’a pas encore commencé. L’entreprise investit pourtant déjà dans l’éducation des communautés voisines.
« Nous essayons de démontrer ce que notre projet minier pourra apporter à la région », explique la directrice des Relations communautaires de Vara Mada, Virginie Bahon. Vara Mada a consulté cinq communes voisines. L’eau reste leur besoin le plus urgent. Mais l’éducation arrive en tête de leurs attentes.
« Avec Mianatra, notre objectif n’est pas seulement de financer des repas. Nous voulons construire avec les communautés un programme durable, qui contribue concrètement à l’éducation des enfants et au développement local. C’est cette approche de long terme que Vara Mada entend porter à Toliara, dans la région Atsimo-Andrefana. », a renchéri le directeur général de Vara Mada, Mike van Akkooi.
Le modèle de l’Androy
Global Communities plote déjà Mianatra dans l’Androy depuis cinq ans. Là-bas, 160 écoles nourrissent plus de 60.000 élèves chaque jour. Le programme y a servi 25 millions de repas en quatre ans. Le taux de scolarisation y dépasse 90 %. La présence quotidienne des élèves atteint 95 %.
« La cantine n’est qu’un premier pas », précise Philippe Lemay, directeur pays de Global Communities à Madagascar. « Le programme intègre également la sensibilisation à l’hygiène,l’accès à l’eau potable et la mobilisation des parents. »
Le repas respecte les normes du ministère de l’Éducation nationale. Il associe riz, haricots, huile végétale et sel. Des légumes frais, achetés à des associations paysannes locales, viendront bientôt enrichir le menu. A l’EPP Ambohitsabo, la rentrée reste progressive. « L’école compte 900 élèves. Cinq parents bénévoles gèrent chaque cantine au quotidien, au sein d’un Comité local de gestion (GLC) », précise Marcellin Herimandimby, coordonnateur régional du programme pour l’Atsimo Andrefana.
« Nous ne sommes pas une ONG. Nous ne pouvons pas nous substituer à l’État », rappelle Virginie Bahon. Si le projet minier avance, 35 écoles supplémentaires rejoindront Mianatra l’an prochain. D’autres volets pourraient suivre : accès à l’eau, épargne communautaire et production locale de savon.
Arh.




