Un an après le mouvement du 25 septembre 2025, l’opinion est divisée quant à savoir s’il faut ou il ne faut pas commémorer cette date qui a profondément marqué la vie politique nationale. L’annonce d’une cérémonie officielle apparait comme une marque de reconnaissance de cette mobilisation historique. Mais, l’initiative ne fait pas l’unanimité.
Certaines voix préfèrent ne pas prendre part à la commémoration, estimant que les objectifs fixés sont encore loin d’être atteints, pour répondre aux préoccupations quotidiennes de la population comme l’insécurité, la pauvreté et le sentiment d’incertitude. Pourtant, cette position ne saurait résumer à elle seule celle de tous ceux qui ont participé aux manifestations. Elle révèle pourtant une attente inassouvie.
Une mobilisation populaire n’appartient pas une seule institution. Elle appartient d’abord à ceux qui l’ont vécue, à ceux qui ont manifesté, à ceux qui en ont subi les conséquences, mais également à l’ensemble de la société qui en a vécu les bouleversements. L’institutionnaliser suppose donc la création d’un comité, des discours officiels ou une cérémonie anniversaire.
Le 25 septembre 2025 n’est d’ailleurs pas une journée politique ordinaire. Elle constitue l’un des fondements politiques de l’ordre institutionnel de la Refondation. C’est précisément pour cette raison que son anniversaire devrait être davantage qu’une célébration. Un an après, la question essentielle devrait être celle du bilan.
Alors, qu’est-ce qui a changé dans la vie quotidienne des Malgaches ? Les attentes exprimées dans la rue ont-elles reçu des réponses ? Les pratiques de gouvernance ont-elles réellement évolué ? La population ressent-elle davantage de sécurité, de justice et de confiance envers les institutions ?
On ne doit pas se servir d’une célébration pour occulter ces questions, car une mobilisation née d’une colère populaire perdrait une partie de son sens si elle devenait uniquement une succession de cérémonies, de discours et de symboles.
Tivo Rasam




