« O tempora, o mores »

Les meurtres et as­sassinats se sont succédés dans la Capitale ces dernières semaines. Il y a d’abord celui des deux jeunes femmes qu’on a retrouvé assassinées par quatre jeunes hommes à Ambo­himanga Rova. D’ail­leurs, les auteurs de ce double meurtre ont été abattus lors la reconstitution de l’acte.
Ensuite, il y a ce militaire qui a logé une balle dans la tête de sa belle-mère lors d’une dispute avec sa con­jointe. Et tout dernièrement, ce sont deux jeunes gens qu’on a retrouvé sans vie dans l’Iko­pa après que leur fa­mille ait lancé un avis de recherche.
La participation de deux jeunes femmes qui les ont entraînés dans une maison de location ne peut signifier que ce fut un coup-monté. D’autant plus que dans certaines pu­blications des réseaux sociaux, deux autres in­dividus seraient intervenus. Autrement dit, ce n’était, ni plus ni moins, qu’un crime crapuleux.
Quoi qu’il en soit, ces actes ne font que renforcer une certaine psychose au niveau de la population qui n’oublie pas encore les séries de disparitions mystérieuses ou les actes de kidnappings qui ont surtout concerné les plus jeunes. Cette succession d’évènements est-elle fortuite ? Se demande-t-on.
On se pose cette question parce que selon certains courants d’idées avançant l’existence d’un complot, il s’agit d’actes de déstabilisation visant à créer un climat d’insécurité au sein de la population. Mais encore faut-il le prouver et non s’aventurer dans des suppositions non fondées.
Toujours est-il, qu’aujourd’hui, ces évènements sont sur toutes les lèvres. Et le comportement de la population s’adapte en conséquence à cette situation. On se méfie les uns des autres et surtout on évite à avoir des contacts avec des étrangers. En aucun cas, il ne s’agit pas de xénophobie.
Mais quoi qu’il en soit, les relations sociales ont bien changé. Le «fihavanana» s’est per­du. A la place, c’est le «chacun pour soi» qui gagne du terrain. L’un des rares cas où la population manifeste une volonté commune, c’est quand l’auteur d’un acte de banditisme est appréhendé en flagrant délit.
Alors s’exprime en toute violence tout le défoulement d’une po­pulation vivant au quotidien dans une situation de stress. Pas de tribunal ni de procès légal. Le verdict tombe comme un couperet sur la base de simples suspicions. Ce qui explique en partie la sauvagerie lors des vindictes populaires.
En conclusion, on peut affirmer sans la moindre hésitation que la vie humaine n’a plus aucune valeur pour certaines personnes. On arrive à ôter la vie des gens pour n’importe quoi et pour n’importe quelle raison. Qu’on le veuille ou non, on peut dire que la société malgache a bien changé : « Ô tempora, ô mores ».

Ranaivo Lala Honoré

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