25 septembre 2025 – 25 septembre 2026: entre rupture et attente de résultats

Un an après le mouvement populaire du 25 septembre qui a marqué un tournant politique majeur à Madagascar, le débat reste entier entre réformes annoncées et préoccupations sociales en attente de réponses.

Le 25 septembre est une date à marquer dans les annales. Ce jour-là, la mobilisation nationale portée par la jeunesse a chan­gé à jamais le paysage politique malgache, conduisant à la chute de Andry Rajoelina et à la mise en place du régime de la Refondation. Un an après, force est de constater que les revendications de la jeunesse relatives à l’accès aux services essentiels, au mode de gouvernance et au renouvellement politique restent d’actualité. Les manifestants aspiraient à une transformation plus profonde , avec plus de transparence, de justice sociale et une plus grande participation citoyenne. Aujourd’hui, les avis divergent.
Pour les partisans du pouvoir, le premier changement visible réside dans la modification du paysage politique. La mobilisation populaire a entraîné une recomposition du pouvoir et ouvert une phase de refondation institutionnelle. Selon eux, la transformation d’un système politique ne peut être immédiate. La priorité est d’abord de rétablir un cadre institutionnel, de lancer des réformes et de re­construire la confiance entre les citoyens et les institutions.
Dans cette perspective, la bonne gouvernance, la lutte contre la corruption, la réforme administrative ou encore la préparation d’un nouveau cycle électoral sont considérées comme les bases d’un changement progressif.
Les défenseurs de la Refondation soulignent également que les problèmes hérités de plusieurs années de gestion ne peuvent être réglés en quelques mois. Ils mettent en avant la nécessité d’une période de stabilisation avant d’obtenir des résultats visibles dans la vie quotidienne. Pour eux, les réformes prennent du temps et leurs effets doivent être évalués sur la durée.

Urgence sociale
Cependant, pour une partie de la population, le changement attendu ne se mesure pas uniquement aux décisions politiques ou institutionnelles, mais se juge surtout à travers les réalités quotidiennes. Dans ce contexte, les difficultés qui avaient alimenté la colère populaire restent au cœur des préoccupations, à savoir l’accès à l’énergie, l’approvisionnement en eau, le coût de la vie, l’emploi des jeunes et la qualité des services publics.
Pour les critiques du pouvoir, les attentes exprimées dans la rue ne sont pas encore satisfaites. A leurs yeux, le remplacement des dirigeants ne constitue pas une transformation complète si les conditions de vie des citoyens ne connaissent pas d’amélioration concrète.
Parmi les revendications fortes du 25 septembre figure également la question de la gouvernance. La lutte contre la corruption a été présentée comme une condition nécessaire pour restaurer la confiance. Depuis le changement politique, les autorités affichent leur volonté de renforcer les mécanismes de contrôle et de promouvoir une gestion plus transparente des affaires publiques.
Mais les observateurs demandent désormais des résultats mesurables, avec des procédures transparentes, une application effective des règles et une égalité de traitement devant la justice. La question n’est donc plus seulement celle des engagements annoncés, mais celle de leur concrétisation au sein des administrations et institutions.

Tivo Rasam

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