La quête de qualification pour la Coupe d’Afrique des Nations 2027 (Can 2027) débute par un revers pour les Barea de Madagascar. Battue 2 buts à 1 par le Nigeria lors du match inaugural du groupe L hier, la sélection malgache a laissé filer une occasion de frapper un grand coup, malgré une entame idéale. Plus inquiétant encore que le résultat, la prestation de certains joueurs et le management de Corentin Martins soulèvent déjà de nombreuses interrogations.
Pourtant, les Barea ont parfaitement lancé leur soirée. À la 16e minute, Eshan Kari profitait d’un excellent service de Rayan Ponti, pour ouvrir le score et faire taire momentanément un public nigérian convaincu de la supériorité des Super Eagles. Madagascar réalisait alors le scénario parfait avec de bloc compact, transitions rapides et efficacité maximale.
Mais comme souvent face aux grandes nations africaines, la moindre baisse de concentration se paie cash. Dominés dans la possession, asphyxiés par le pressing adverse et acculés dans leur moitié de terrain, les hommes de Corentin Martins ont progressivement reculé jusqu’à rompre. La sanction tombait dans le temps additionnel de la première période lorsque George Ilenikhena profitait d’un mouvement bien construit pour égaliser, sur une passe d’Alex Iwobi.
Les chiffres traduisent parfaitement la physionomie du match. Le Nigeria a confisqué le ballon avec 54,7% de possession, 22 frappes contre seulement 4 pour Madagascar et enregistré 34 touches dans la surface adverse contre 6 pour les Barea. Les 25 dégagements réalisés par la défense malgache illustrent à eux seuls la forte pression imposée par les Nigérians.
Mais au-delà des statistiques, c’est surtout l’impression laissée sur le terrain qui inquiète. Les Barea ont semblé manquer de maîtrise, de vitesse d’exécution et parfois de lucidité dans certaines phases défensives. Les deux buts encaissés sont symptomatiques de ce déficit de réactivité.
Le second, inscrit à la 65e minute par Moses Usor, est particulièrement révélateur. Entré en jeu quelques minutes plus tôt, le Nigérian a littéralement transpercé le bloc malgache. Parti de la moitié de terrain, il a effectué un véritable slalom géant à travers plusieurs lignes rouges avant de conclure face à Dupire. Une action digne d’un entraînement tant l’opposition défensive a semblé passive. Voir un seul joueur parcourir autant de terrain balle au pied sans être véritablement stoppé, constitue un signal d’alarme pour un collectif censé avoir retrouvé sa solidité.
Coaching non-payant
La responsabilité n’incombe évidemment pas aux seuls défenseurs. Plusieurs observateurs s’interrogent déjà sur les choix opérés par Corentin Martins, tant dans son Onze de départ que dans sa gestion des remplacements. Certains changements sont intervenus alors que le rapport de force était déjà clairement en faveur des Super Eagles. L’entrée tardive de Loïc Lapoussin, capable pourtant d’apporter percussion et conservation de balle, ou encore la sortie de joueurs qui avaient offert quelques rares solutions offensives, laissent un sentiment d’inachevé. Le coaching n’a jamais permis de renverser la dynamique du match.
Cette défaite est d’autant plus frustrante qu’elle contraste avec le souvenir encore vivace de l’exploit de 2019 lorsque Madagascar avait renversé le Nigeria 2-0 lors de la Can en Égypte. Ce soir-là, les Barea avaient joué sans complexe, avec du culot et une intensité de chaque instant. Six ans plus tard, l’écart entre les deux sélections semble s’être à nouveau creusé.
Après la première journée, la Guinée-Bissau s’empare de la tête du groupe grâce à sa victoire 2-0 contre la Tanzanie, devant le Nigeria. Madagascar occupe la troisième place avec zéro point tandis que la Tanzanie ferme la marche. Une situation qui n’est pas encore rédhibitoire, surtout avec une Tanzanie déjà qualifiée en tant que coorganisatrice du tournoi, mais qui réduit déjà la marge d’erreur des Barea.
Naisa




