Mbolatiana Raveloarimisa, une chercheuse en droits humains et cofondatrice du mouvement féministe « Nifin’Akanga », a récemment divulgué son livre intitulé « 3.000 femmes : L’avortement clandestin à Madagascar ». Il s’agit d’un ouvrage mettant en exergue un chiffre alarmant de 3.000 femmes décédées des suites d’avortements clandestins à Madagascar depuis janvier 2024, soit une moyenne de trois femmes par jour.
«L’aboutissement de deux ans et demi de travail, tout en ouvrant un débat appelé à se poursuivre autour de l’avortement clandestin à Madagascar», a indiqué l’autrice.
Le livre s’appuie sur une enquête nationale menée auprès de 4.500 personnes de six régions de Madagascar. Selon cette enquête, l’âge moyen de celles qui pratiquent clandestinement cette Interruption volontaire de la grossesse (IVG) est de 27 ans dont la majorité vit en couple. « Celles qui ont les moyens trouvent une clinique privée si les autres trouvent une arrière-salle, une natte au sol, et les mains d’un inconnu », souligne-t-on dans cet ouvrage. Toutefois, ces interventions clandestines exposent les femmes à des risques graves de complications (hémorragies, infections, perforations) souvent aggravés par la peur des poursuites judiciaires qui retarde la prise en charge médicale d’urgence.
En effet, d’après l’article 317 du Code pénal, l’IVG est strictement interdite par la loi malgache, passible de dix ans de prison. Même si la grossesse devrait être interrompue pour des raisons médicales. A ce sujet, le livre révèle que l’avortement n’est pas contraire à la culture malgache où les femmes connaissaient les plantes pour interrompre une grossesse : « Nifin’Akanga ». En 1881, le Code des 305 Articles de la Reine Ranavalona II encadrait également l’avortement en préservant la vie de la mère. « Je rapporte ici les voix des personnes qui refusent que des femmes continuent de mourir pour des lois injustes », a souligné Mbolatiana Raveloarimisa.
Notre autrice est nommée chevalier de l’Ordre national du mérite Français (2025). Elle est également reconnue par les Nations unies parmi les personnalités africaines les plus influentes en activisme en 2023.
Sera R.





