Dans son « Rapport Planète Vivante 2026 », publié hier, l’organisation internationale de protection de la nature WWF a constaté un déclin préoccupant de 41 % des espèces répertoriées à Madagascar, où 98 % des lémuriens sont menacés.
La perte d’habitats, le braconnage ainsi que le trafic sont pointés comme les principales causes de ce déclin. À cela s’ajoute la perte de nos forêts naturelles, qui subissent les effets de l’exploitation minière et de l’exploitation illégale du bois. Entre 2002 et 2025, Madagascar aurait perdu 1,2 million d’hectares de forêts primaires humides, soit environ 25 % de leur superficie.
La dégradation des écosystèmes marins n’est pas en reste, ceux-ci étant confrontés à la combinaison de plusieurs pressions telles que le réchauffement des eaux, la surpêche, la pollution et les pratiques de pêche destructives. En mars 2025, 38 % des coraux observés présentaient des signes de blanchissement.
Au niveau mondial, un déclin de 73 % de la taille moyenne des populations d’animaux sauvages a été enregistré en 52 ans. Ce constat découle d’une étude menée auprès de 35 803 tendances de populations couvrant 5 790 espèces de vertébrés à travers le monde, réalisée par la Zoological Society of London (ZSL). En Afrique, la taille moyenne des populations de vertébrés sauvages suivies sur différents sites a diminué de 80 %.
Un déclin non irréversible
Malgré cette situation, le WWF note toutefois que ce déclin n’est pas irréversible, car le rétablissement est possible lorsque les efforts de conservation sont adaptés aux réalités locales et menés durablement avec les communautés.
Le Simpona (Propithecus candidus), un lémurien endémique des forêts humides des Hautes Terres du Nord de Madagascar, a été cité à titre d’exemple. Classé en danger critique d’extinction, avec moins de 300 individus matures recensés en 2022, une vingtaine de groupes vient d’être identifiée sur 13 sites étudiés dans le cadre d’un suivi écologique, grâce aux actions menées avec les communautés locales en matière de surveillance, de lutte contre le braconnage, d’application des lois et de sensibilisation.
Il en est de même pour la tortue radiée (Astrochelys radiata), endémique du sud de Madagascar. En 2023, suite aux inventaires réalisés par le WWF, seulement 0,53 individu par hectare a été recensé. Des actions de conservation ont depuis été menées avec les communautés, notamment à travers la surveillance des zones sensibles, le sauvetage et la réintroduction des tortues saisies, ainsi que la protection de leur habitat naturel.
« En conjuguant leurs efforts de conservation, les communautés peuvent contribuer au maintien des écosystèmes clés et des espèces qui y vivent. Si ces efforts sont menés de manière continue et soutenue, nous pouvons espérer qu’ils contribueront à inverser la tendance et à favoriser le rétablissement de la biodiversité dans les zones cogérées par les communautés », a indiqué Dresy Lovasoa, responsable de la conservation (Conservation Manager) de WWF Madagascar.
Recueillis par Sera R.





