Lutte contre la corruption fiscale: les citoyens appelés à briser le silence

Pour la transparence et la bonne gouvernance. Madagascar renforce son dispositif de lutte contre la corruption au sein de l’administration fiscale, en misant sur la participation citoyenne. En présence du président de la Refondation, le colonel Michaël Randrianiriana et le Premier ministre Mamitiana Rajaoanrison, le ministère de l’Economie et des finances, a lancé officiellement la plateforme numérique « Torohy », hier à l’hôtel Carlton d’Anosy. Cet outil est destiné à faciliter la dénonciation anonyme des actes de corruption.

A cette occasion, le président de la Refondation, Michaël Randria­nirina, appelle les Malgaches à rompre le silence face aux pratiques de corruption et aux irrégularités dans les services fiscaux. «J’exhorte les citoyens à prendre leurs responsabilités, pour bâtir une administration intègre et transparente», a-t-il lancé.
Développée par le ministère de l’Economie et des finances, à travers la Direction générale des impôts (DGI), cette nouvelle plateforme permet aux contribuables et aux usagers de signaler, de manière sécurisée et confidentielle, les faits présumés de corruption ou de non-respect des règles au sein de l’administration fiscale. Elle offre également la possibilité de formuler des observations et d’évaluer la qualité des services reçus.

Crédibilité
Grâce à «Torohy», les autorités associent directement les citoyens au contrôle du fonctionnement de l’administration. La lutte contre la corruption ne serait ainsi plus seulement l’affaire des institutions, mais également celle des usagers confrontés aux pratiques irrégulières.
Le chef de l’Etat a toutefois insisté sur la nécessité de rendre ce dispositif accessible à tous. «Une partie de la population ne maîtrisent pas les outils numériques. J’appelle ainsi les jeunes, notamment ceux qui souhaitent déposer une plainte, mais ne disposent pas des moyens ou des compétences nécessaires», a-t-il indiqué.
Le président de la Refondation a également tenu à encourager les fonctionnaires qui accomplissent leurs missions avec honnêteté et intégrité, soulignant ainsi que la lutte contre la corruption doit s’accompagner d’une valorisation des agents respectueux de leurs obligations.
Si la dénonciation constitue un premier pas dans la lutte contre la corruption, elle ne peut se substituer aux enquêtes, aux contrôles et, le cas échéant, aux sanctions. Pour les autorités, le véritable enjeu consiste à démontrer que les citoyens peuvent aussi exercer un droit de regard sur les dysfonctionnements de l’administration fiscale. Avec «Torohy», les contribuables disposent d’un nouveau moyen pour faire entendre leurs réclamations.

Tivo Rasam

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