Décentralisation et fédéralisme : Madagascar à l’heure des choix

Avec seulement 18 % de recettes issues de leur fiscalité propre et près de 43 % absorbées par les charges de personnel, les communes malgaches disposent de marges limitées. Face au modèle fédéral allemand, le débat sur l’autonomie territoriale soulève une question essentielle : quel partage du pouvoir et des ressources pour répondre aux réalités de Madagascar ?

Quelle organisation territoriale permettrait aux collectivités de contribuer pleinement au développement national ? Cette question était au cœur de la conférence «Regards croisés de Madagascar et d’Alle­magne sur l’autonomie territoriale : décentralisation et fédéralisme», organisée fin septembre au Radisson Blu par le projet Konstitution’naka.

Des compétences, mais quels moyens ?
Les chiffres présentés par Rado Milijaona, magistrat, expert-comptable et financier, illustrent les limites du sys­tème malgache. Selon une en­quête menée auprès de 67 communes et 23 régions entre 2021 et 2023, les subventions de l’État représentent 51 % des recettes communales, contre 18 % pour la fiscalité propre. Le taux moyen de recouvrement ne couvrirait que 34,7 % des besoins réels. Cette dépendance financière interroge l’effectivité de la décentralisation : comment garantir une véritable autonomie locale sans ressources suffisantes ?
Avec ses 16 Länder, l’Alle­­magne repose sur un partage constitutionnel des com­pétences et des mécanismes de péréquation financière pour réduire les disparités régionales. L’ancienne mi­nistre fédérale de la Justice Herta Däubler-Gmelin a sou­ligné l’importance des garanties institutionnelles. L’ambassadeur Oliver Knoe­rich a, pour sa part, rappelé quatre questions essentielles : qui décide, qui finance, qui exécute et qui contrôle ?

Quel modèle pour Madagascar ?
Au-delà du choix entre État unitaire décentralisé et fédéralisme, les échanges ont souligné un principe déterminant : les ressources doivent accompagner les compétences transférées. Les garanties constitutionnelles, le contrôle du pouvoir et l’autonomie financière restent au cœur du débat.
L’enjeu pour Madagascar n’est pas de reproduire le mo­dèle allemand, mais d’identifier les mécanismes adaptés à ses réalités. Porté par Gen ZYX Fanorina et l’Agetipa, avec l’appui de la coopération allemande via la GIZ, le projet Konstitu­tion’naka entend poursuivre ces consultations citoyennes en ce mois d’octobre et en novembre.

Fahranarison

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