Fédération malgache de Karaté : le ministère de tutelle décide de reporter l’AGE et le sommet national

À travers une correspondance officielle datée du 20 octobre 2026, le ministère de la Jeunesse et des Sports (MJS) a décidé de reporter à la fois le championnat national et les élections du Bureau exécutif de la Fédération de Karaté de Madagascar (FKM), deux rendez-vous majeurs qui devaient se tenir à Fianarantsoa.

Lorsque l’autorité de tutelle choisit d’intervenir à quelques se­maines d’un scrutin fédéral et d’un championnat national, c’est généralement le signe que le climat est loin d’être serein. Dans son courrier adressé au président sortant de la fédération, Emile Ratefinanahary, le secrétaire général du ministère évoque la nécessité de préserver la transparence, l’unité et le caractère démocratique du processus électoral. Une formulation diplomatique qui laisse néanmoins transparaître l’existence de profondes lignes de fracture au sein de la famille du karaté malgache.
Derrière les formules administratives soigneusement pesées, le message est sans équivoque : les conditions ne sont pas réunies pour organiser des élections susceptibles d’être reconnues et acceptées par l’ensemble des acteurs. Le mi­nistère estime que le combat ne peut pas encore être lancé tant que les règles du jeu ne font pas consensus. Un constat lourd de sens alors que la FKM est appelée à désigner les dirigeants qui piloteront la discipline pour les années à venir.
Le report du championnat national constitue lui aussi un signal fort. Habi­tuellement consacré à l’expression de l’élite du tatami, à la quête du titre national et à la sélection des futurs représentants du pays, ce rendez-vous se retrouve aujourd’hui pris dans les remous de la bataille institutionnelle. Les karatékas, qui devraient être au centre de l’attention, deviennent malgré eux les victimes collatérales d’un bras de fer administratif.
Le ministère tente toutefois de désamorcer les criti­ques en présentant ce re­port comme une « main tendue » et non comme une sanction. Un discours qui traduit la volonté d’éviter une escalade susceptible d’aboutir à un karaté à plusieurs vitesses, divisé entre camps rivaux et interprétations divergentes des textes fédéraux. La priorité affichée est désormais de remettre tout le monde au­tour de la même table avant de revenir sur le tatami électoral.
Reste que cette intervention du MJS sonne comme un sérieux avertissement. En choisissant de geler simultanément la compétition nationale et le processus électif, le ministère tutelle reconnaît implicitement que les dissensions internes ont atteint un seuil préoccupant.
Dans les dojos comme dans les coulisses fédérales, les prochaines semaines s’annoncent décisives. L’en­jeu dépasse désormais de fixer une nouvelle date. Il s’agit de restaurer une con­fiance sérieusement ébranlée et d’éviter que le karaté malgache, discipline bâtie sur les valeurs de respect ne donne l’image d’une fédération davantage occupée à régler ses comptes qu’à dé­velopper ses champions.

Naisa

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