Havoria Anosy: Bras de fer entre l’ORTM et le ministère de tutelle

Les tensions sont montées d’un cran au sein du complexe Havoria, dans la soirée du 4 novembre. La vidéo montrant le directeur général de l’ORTM déplacer une barrière métallique après une altercation avec des représentants du ministère, est devenue virale toute en suscitant la polémique. Entre le ministère de la Communication et l’ORTM, rien ne va plus.

La principale pomme de discorde concerne la fermeture du portail d’entrée de Havoria et l’ORTM, abritant également la Télévision malagasy (TVM) et la Radio nasionaly Malagasy (RNM). Le renforcement des contrôles à l’entrée aurait perturbé les activités de Havoria et entraîné l’annulation de certains événements.
Selon la version du ministère, en concertation avec l’Organe mixte de conception (OMC), une solution a été trouvée afin de concilier les impératifs de sécurité des mé­dias publics et le fonctionnement de Havoria. Elle prévoit notamment l’installation d’une clôture métallique pour séparer les deux en­ceintes, la réouverture de l’accès au public ainsi que le renforcement du dispositif sécuritaire avec l’appui de l’Organe mixte de conception (OMC). Et dans la soirée du 4 novembre, le ministre et le chef de l’OMC se sont rendus sur place pour superviser l’application du dispositif.
Toutefois, le DG de l’ORTM Elisée Lema­na, s’est opposé fermement aux dispositifs pris, en procédant au démontage des barrières provisoires déjà installées, selon les explications fournies par le ministère.
«Le directeur général de l’ORTM s’est opposé à cette décision en démantelant les clôtures provisoires», explique Mahefa Rakotomalala, directeur de la communication. Selon lui, le ministre et le responsable de l’OMC se sont rendus sur place pour superviser la mise en œuvre des mesures décidées.
Selon les informations rapportées, le responsable de l’ORTM a fait appel à des éléments de sécurité de la Présidence de la Refondation pour faire évacuer l’équipe de l’OMC, tandis que la présence de gendarmes et de véhicules blindés a été signalée. Des menaces présumées avec des armes à feu ont également suscité de vives inquiétudes quant à la sécurité des personnes présentes.

Des accusations en retour

De son côté, le directeur général de l’ORTM, Élisée Lemana, conteste cette lecture des événements. Il estime qu’une interpellation d’ordre administratif ne devrait pas être interprété comme un manque de respect envers la hiérarchie ou à un acte d’insubordination. Il dénonce ce qu’il considère comme des dérives au sein du fonctionnement de l’administration.
«Madagascar est un Etat de droit. Il faut redonner sa dignité à l’administration malgache», affirme-t-il, en pointant du doigt des abus de pouvoir de «détournement» et de «corruption» auxquels il soutient avoir été contraint à prendre part. «Je ne parle pas sans preuves», précise-t-il, laissant entendre qu’il dispose d’éléments probants pour étayer ses accusations.
«Je ne laisserai pas la vérité, même vacillante, être vaincue par un mensonge savamment construit», déclare-t-il.
Aux dernières nouvelles, le ministre de la Communica­tion, Gascar Fenosoa et le DG de l’ORTM, ont été convoqués à Mahazoarivo.

 

Rakoto

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