De bons et loyaux services

Quand il a été an­noncé que la pension de retraite allait prochainement connaître une hausse, tous les retraités qui en bénéficiaient avaient poussé un ouf de soulagement. Cela se comprend dans la mesure où le montant des pensions de retraite alloué actuellement ne suffit pas pour vivre.
Sous d’autres cieux, quand l’employé at­teint l’âge de la retraite, il se dit qu’il va commencer à vivre car il n’a plus à aller travailler pour subvenir aux besoins de sa fa­mille. La pension de retraite lui suffit pour y faire face. Ce qui est loin d’être le cas à Ma­dagascar.
Dans le pays, l’âge de retraite signifie que c’est le début de la galère. La raison est que les pensions de retraite n’ont jamais été suffisantes. Non seulement, elles sont relatives au niveau de rémunération pratiqué dans le pays. Un niveau de rémunération qui est bien bas.
Mais encore, elles n’ont jamais été indexées proportionnellement à la hausse du coût de la vie à Madagascar. Ainsi, à chaque inflation, le pouvoir d’achat du retraité s’effrite car la pension
de retraite qui lui est allouée ne change pas. C’est l’une des raisons pour laquelle de nombreux seniors s’évertuent de poursuivre leur carrière respective même après l’âge de retraite.
Cependant, la joie ressentie à l’annonce de la prochaine hausse de
la pension de retraite fut de courte durée. Effec­tivement, ce n’est pas tout le monde qui allait profiter de cette hausse. Outre ceux ou celles qui bénéficiaient de la pension de veuvage, seuls les retraités de 80 ans et plus étaient concernés.
Pour beaucoup de retraités, il aurait été plus juste de faire bénéficier tout le monde de cette hausse de la pension de retraite en appliquant un système dé­gressif en fonction du montant de la pension de retraite alloué. Ainsi, le taux de hausse serait moindre pour les pensions élevées.
D’autant plus que, toujours selon ces nom­breux retraités, il n’y aura pas beaucoup de retraités qui vont en profiter compte tenu des conditions de vie dans lesquelles ils vivent. Et pour appuyer leurs ar­guments, ils avancent aussi que l’espérance de vie à Madagascar n’atteint pas les 80 ans.
Encore faut-il noter que, pour une raison ou une autre (dossier non complet, non versement des cotisations par l’employeurs…), ce ne sont pas tous les travailleurs malgaches ayant atteint l’âge de la retraite, au­jourd’hui fixé à 60 ans, qui bénéficient de cette pension. Certains secteurs d’activité en sont encore privés.
Pour ces retraités, il est enfin temps qu’on se penche sur leurs cas. En effet, ils se considèrent comme des laissés pour compte après qu’ils aient atteint l’âge d’arrêter de travailler. Ce qu’ils espèrent, c’est qu’ils puissent enfin profiter du temps qui leur reste à vivre après des dizaines et des dizaines d’années de bons et loyaux services.

Aimé Andrianina

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