Mercredi des idées en goguette: Pendant que le monde avance

Tiens donc, sans tam-tam ni grand discours, Pékin vient d’héberger les premiers Jeux mondiaux de robots humanoïdes le week-end dernier. Oui, des robots qui courent le 100 mètres haies, qui dribblent au basket. Une sorte d’olympiade futuriste où plus de 500 robots venus de 16 pays se sont affrontés.
La scène pourrait prêter à sourire. Mais elle illustre bien la réalité, c’est le fait que la robotique est devenue un terrain de compétition internationale.
Et nous, dans tout ça ? Pendant ce temps, nous en sommes en­core à disserter sur la longueur exacte d’une autoroute inaugurée par le Chef de l’État. Pendant ce temps, nous débattons encore du nombre de Chefs d’État présents lors du sommet de la SADC. Et pendant ce temps, nous continuons à chercher des coupables pour ex­pliquer nos retards, accusant tour à tour la politique, la corruption ou encore le voisin.
Soyons honnêtes, si Madagascar en est en­core là aujourd’hui, ce n’est pas seulement « la faute aux autres ». C’est une responsabilité collective. Que ce soit ac­teurs politiques, opérateurs économiques, so­ciété civile ou encore simples citoyens, chacun porte sa part. Nous nous contentons trop souvent du minimum, d’un rafistolage là où il faudrait une vision, d’un petit pas là où il faudrait un bond en avant.
Le contraste avec ce qui se passe ailleurs est saisissant. Pendant que certains pays planifient des villes intelligentes, testent des drones pour livrer des médicaments dans les zones reculées ou investissent massivement dans les énergies renouvelables, nous en sommes encore en train de s’accuser mutuellement. Pendant que l’Afri­que de l’Est rêve d’une Silicon Savannah et que le Rwanda s’impose comme un modèle de gouvernance numérique, nous nous accrochons à des débats stériles.
Cela ne veut pas dire qu’il n’y a pas de progrès ici. Il y a des jeunes ingénieurs brillants, des start-ups créatives, des initiatives locales qui changent des vies. Mais ces efforts restent trop isolés, trop fragiles, trop peu soutenus. Un pays ne peut pas avancer avec seulement quelques bonnes volontés éparpillées mais une volonté collective.
Cela dit, les efforts doivent commencer par des petits gestes, tels que le respect des règles de circulation, le paiement des impôts, ou encore la valorisation du travail bien fait. Ce sont de petits gestes qui, mis bout à bout, font avancer une nation.
Car le danger, c’est de continuer à se satisfaire de peu alors que le monde file à toute vitesse, avec ou sans nous. Le danger, c’est aussi de rester spectateurs, pendant que les autres courent avec leur robot.
Alors, que voulons-nous pour Madagascar ? Rester englués dans des débats à courte vue, ou décider enfin d’entrer dans la marche du mon­de ? Dans tous les cas, la réponse ne dépend pas seulement de ceux qui gouvernent, mais de cha­cun de nous.

Rakoto

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