Cinéma et audiovisuel de l’océan Indien : un livre blanc pour professionnaliser le secteur

Le cinéma et l’audiovisuel de l’océan Indien sont en pleine effervescence, bien que leur développement reste confronté à de nombreux défis. Pour mieux comprendre ces réalités et construire des solutions adaptées, un appel à contributions vient d’être lancé auprès des professionnels de la région.

L’objectif est de coécrire un livre blanc collaboratif qui dressera un état des lieux de la filière tout en proposant des pistes concrètes pour son avenir. Cette initiative s’inscrit dans le cadre du projet de développement des Industries culturelles et créatives (ICC) porté par la Commission de l’océan Indien (COI), avec le soutien de l’Agence française de développement (AFD). Les contributions sont ouvertes en ligne jusqu’au 20 septembre 2025.
Ce livre blanc se veut être un outil stratégique pour comprendre les forces et les faiblesses du cinéma et de l’audiovisuel dans la région océan Indien. Le site Kiltir.org présente une base de réflexion sur les faiblesses et les forces à travers un diagnostic. Il souligne à la fois la richesse créative de la région et les obstacles qui freinent son essor. Ainsi, l’élaboration de ce livre blanc représente une étape cruciale. Il ne s’agit pas seulement de dresser un constat, mais de poser les bases d’une vision commune pour le cinéma et l’audiovisuel dans l’océan Indien. Chaque professionnel, par son témoignage ou ses propositions, peut contribuer à tracer les contours d’un avenir plus structuré et plus ambitieux pour la filière.

Des atouts créatifs, mais des freins persistants
La singularité des récits constitue l’une des principales forces du cinéma de la région. Ces histoires, profondément enracinées dans les réalités insulaires, résonnent bien au-delà des frontières locales grâce à leur dimension universelle. Des festivals comme Porteurs d’Images à Maurice ou le Festival international du film de l’océan Indien (Fifoi) à La Réunion, offrent une vitrine précieuse aux nouveaux talents. De leur côté, des programmes d’incubation et de formation, tel que le Projet Ony à Madagascar, prouvent l’existence d’un vivier créatif foisonnant.

Cependant, cette vitalité se heurte à des obstacles récurrents, comme le manque d’infrastructures adaptées, la rareté des financements publics, les difficultés de mobilité professionnelle entre les îles. A Madagascar, l’absence de fonds de soutien au cinéma freine la production, tandis qu’à Maurice, le déficit de studios modernes empêche l’émergence d’une véritable industrie. Sans oublier les autres défis, comme la sous-représentation des femmes dans les métiers techniques et décisionnels, ainsi que l’insuffisance d’éducation à l’image auprès du grand public.
Vers une vision commune pour l’Indianocéanie

Malgré ces freins, des opportunités s’ouvrent. La présence de réalisateurs et producteurs de la région sur des scènes internationales, notamment à Cannes, a renforcé la visibilité du cinéma indianocéanique. L’essor des plateformes numériques élargit également les possibilités de diffusion, donnant aux œuvres locales une audience mondiale. De plus, l’émergence d’un pôle régional dans le domaine de l’animation et du numérique, soutenu par des studios innovants, inscrit l’Indianocéanie sur la carte des nouvelles formes de création.

Mais pour transformer ces atouts en leviers durables, il faudra relever plusieurs menaces persistantes, comme la dépendance aux financements extérieurs, la domination des productions internationales sur les écrans locaux et la fuite des talents vers l’étranger. C’est précisément à ces enjeux que le futur livre blanc entend apporter des réponses, en ouvrant la voie à une stratégie collective pour consolider et professionnaliser le secteur.

Holy Danielle

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