« 80% des Malgaches ont encore recours à la médecine traditionnelle ou du moins la combinent avec la médecine conventionnelle ou moderne », a affirmé hier le président de l’Association nationale des tradipraticiens de Madagascar (ANTM), Joséphin Rasamivelona Andriandrainarivo, dans le cadre de la célébration de Journée africaine de la médecine traditionnelle (JAMT) hier à Anosy.
«La médecine traditionnelle est considérée comme un élément essentiel de l’identité culturelle malgache et devient ainsi un patrimoine immatériel à sauvegarder», a-t-il souligné. Il a cité les herboristes, les masseurs, les accoucheuses ainsi que les guérisseurs comme faisant partie des tradipraticiens malgaches qui accomplissent ce genre de médecine.
Il convient de mentionner que l’Organisation mondiale de la santé (OMS) reconnaît que la médecine traditionnelle, complémentaire et alternative à la médecine moderne, recèle de nombreux bienfaits. «L’Afrique a une longue histoire de médecine traditionnelle et de tradipraticiens de santé qui jouent un rôle important dans les soins aux populations», a-t-elle mentionné sur son site à ce sujet. Elle rappelle toutefois que des essais cliniques rigoureux devraient être réalisés pour évaluer l’efficacité et déterminer les effets indésirables des remèdes traditionnels améliorés avant leur mise sur le marché.
Haro sur les publicités
Le président de l’ANTM a rappelé hier que les publicités sur les services et la vente des produits des tradipraticiens restent toujours interdites. En effet, selon la loi sur le code de la santé,
stipulée dans l’article 89, concernant l’exercice de la profession de médecin, des paramédicaux, des auxiliaires médicaux ainsi que des tradipraticiens, «toute forme directe ou indirecte de campagne de promotion faisant connaître les spécialités médicales ou les instruments et matériels que l’on possède et qui sont susceptibles par leur caractère récent et hors du commun d’attirer la clientèle ainsi que toute forme directe ou indirecte de publicité visant à encourager l’assiduité de la clientèle sont strictement interdits». La transgression de cette loi, votée en 2012 par l’Assemblée nationale, est ainsi punie des peines prévues en la matière aux termes de disposition du Livre IX sur le code de la santé. Des peines qui peuvent aller jusqu’à 5 à 10 ans d’emprisonnement et 2 millions d’ariary d’amendes.
«Que tout le monde se soumet à la loi et je lance ainsi un appel à tous les responsables concernés pour la mise en application effective de cette loi», a souligné Joséphin Rasamivelona Andriandrainarivo.
Sera R.




