Force est de constater que la manifestation revendicative « leo délestage », a pris une tournure violente dans plusieurs chefs-lieux de région de Madagascar, notamment à Antananarivo, Antsirabe, Toamasina, Mahajanga et Antsiranana. Après les échauffourées avec les Forces de l’ordre toute la matinée, place aux pillages et aux dégradations volontaires de biens publics et privés, vers la fin de l’après-midi.
Les heurts entre des troupes de manifestants et les Forces de l’ordre ont éclaté vers 11 heures à Ambohijatovo, Ambatonakanga, Mascotte, Mandrosoa Ambohijatovo et à Mahamasina. Des pierres ont été lancées sur les forces de l’ordre, qui ont répliqué avec des gaz lacrymogènes, pour disperser les attroupements. Des étudiants de l’université polytechnique et des jeunes d’Ampitatafika ont rejoint le mouvement.
Le bilan officiel est attendu, mais d’après des sources concordantes, une vingtaine de personnes ont été blessées, parmi lesquelles des manifestants, des passants et des éléments des Forces de l’ordre. Violemment agressé par des manifestants, un policier a été blessé au visage et un gendarme grièvement atteint à la tête. La Croix-Rouge a enregistré au moins 25 blessés, dans l’après-midi.
Les autorités n’ont pas encore annoncé le nombre d’interpellations. Mais plusieurs personnes ont été arrêtées, dont le champion bodybuilder malgache Fitiavana Mickael, récemment sacré champion mondial du Classic Physique à Los Angeles. Aux dernières nouvelles, il a été relâché

Pillages et incendies
Et cet affrontement violent a duré jusqu’en début d’après-midi, avant de prendre une autre tournure et de déboucher sur des pillages, vers le début de la soirée.Sous prétexte de manifester, des groupes de personnes ont profité de l’absence de Forces de l’ordre dans certains endroits, pour piller des supermarchés et des magasins comme c’est le cas du Super U à Tsiadana et à Talatamaty, du China Mall à Ankazomanga et du Tanà Water Front à Ambodivona. Même la banque BNI à Anosibe a été vandalisée. Et ces actes de pillage et de casse ont duré jusque tard dans la nuit.
Entre-temps, des groupes de personnes ont pris d’assaut les domiciles de personnalités politiques. Ils ont incendié et pillé les maisons de la sénatrice Lalatiana Rakotondrazafy à Ampasanimalo et du député Naivo Raholdina à Ankadindramamy. Ils ont même tenté de s’introduire de force dans la résidence familiale du président Andry Rajoelina à Ambohibao et ont brûlé un peu plus tard dans la soirée. Même cas pour la maison du député Andry Ratsivahiny à Andoharanofotsy. Les manifestants ont également vandalisé des infrastructures publiques, notamment la station du téléphérique à Ankorondrano.
Couvre-feu instauré
Compte tenu de la gravité de la situation, le préfet de police d’Antananarivo a décrété un couvre-feu de 19h à 5h du matin, jusqu’au retour à l’ordre. Malgré ces mesures, dans plusieurs quartiers, des manifestants ont érigé des barricades en brûlant des pneus et en obstruant les routes avec des bennes à ordures.
Rakoto




