Rester dans l’expectative

Les récents évènements marquent encore les esprits, notamment au niveau des commerçants en gros ou au détail. Certes, pour le moment, les pillages qui ont lieu n’ont pas fortement concerné les produits de première nécessité (PPN), mais toujours est-il que ces pillages vont affecter l’approvisionnement en biens essentiels.

Si certains grossistes ont carrément fermé après les pillages par crainte qu’ils ne soient les prochaines cibles, d’autres ont réduit sensiblement leur temps de travail pour les mêmes raisons. En con­séquence, les détail­lants ne peuvent plus s’approvisionner suffisamment.

Pour cette raison, la continuité de l’approvisionnement est compromise. Comme ce sont les détaillants qui sont en contact direct avec les consommateurs directs, à termes, il est à craindre une rupture de stocks des produits de première nécessité (PPN) dans certains magasins.

Par ailleurs, comme on l’a souvent constaté par le passé, la situation actuelle peut entraîner les marchands à procéder à des rétentions de stocks afin de pouvoir vendre leurs marchandises à de prix plus élevés que la normale dans la mesure où les pillages ont certainement réduit les stocks.

Le cas échéant, on peut s’attendre à une flambée des prix. Il serait judicieux, dès à présent, que les responsables du commerce procèdent à un contrôle des stocks existants. Cela permettrait, tout au moins, à dissuader les commerçants à cacher leurs stocks pour réaliser le maximum de profit.

Certes, les actes d’éven­tuels pillages ne sont pas encore totalement écartés. Et bien évidemment, les commerçants en gros ou en détail ont pris des mesures exceptionnelles pour se protéger au maximum des éventuels pillages (renforcement des serrures, soudure des portes, … ).

Le moins qu’on puisse dire est qu’avec ces pillages, les commerçants ont dû changer leurs habitudes d’une manière radicale (horaires d’ouverture, … ). Et cela a sensiblement bouleversé les rapports en­tre les différents commerçants ainsi qu’avec leur clientèle respective.

Tel est le cas des marchands de tissus et autres produits à l’intérieur du marché dit « Pochard ». Si d’habitude, il arrivait très tôt le matin avec leurs marchandises, les véhicules qui ont effectué les livraisons re­partent immédiatement sitôt la livraison effectuée.

Ces derniers jours, les choses ont changé. En effet, les véhicules de livraison restent sur place. L’objectif est de pouvoir parer à toute éventualité. Ainsi, on pourra à tout moment embarquer les marchandises au moindre risque de pillage qui accompagne souvent chaque mouvement populaire.

Le vrai problème est que personne ne peut prévoir ce qui va arriver demain. Tout est tellement confus. Et dans cette situation, le plus important est de pouvoir s’adapter dans une optique de survie à court terme. C’est pourquoi de nombreuses entreprises préfèrent rester dans l’expectative.

Ranaivo Lala Honoré

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