La mise en place du Conseil présidentiel de la Refondation de la République de Madagascar sera effective aujourd’hui après la prestation de serment du colonel Michaël Randrianirina qui va assurer les fonctions de chef de l’Etat. Beaucoup de questions se posent après cette cérémonie qui se déroulera sous l’égide de la Haute cour constitutionnelle (HCC).
Effectivement, lors de sa décision rendue mardi dernier, la HCC a avancé qu’une élection présidentielle doit être organisée dans un délai minimum de 30 jours et maximum de 60 jours après la constatation de vacance de pouvoir avec interdiction de dissoudre les institutions en place. Autrement dit, seules les têtes vont changer, mais le système reste.
Or, parmi les principales revendications du mouvement Génération « Z », on peut citer la réforme en profondeur du système malgache. C’est ainsi qu’elle a proposé la création d’un
« Conseil Citoyen de transition » chargé de préparer les Assises régionales et nationales en vue de réaliser cette réforme en profondeur que beaucoup d’autres entités (partis politiques,…) exigent.
Il va de soi que l’organisation de ce genre d’Assises demande beaucoup de temps. Or, c’est justement ce temps qui manque si l’on se réfère à la disposition émise par la HCC. Le temps dont dispose le Conseil présidentiel de la refondation, à savoir
2 mois, ne suffira jamais même si les travaux de préparation de ces Assises sont bâclés.
La préparation et la réalisation de ces Assises ainsi que celles d’une éventuelle élection présidentielle requièrent plusieurs mois, voire, plus d’une année. Et là, on ne tient pas encore compte des nombreuses revendications émises par différentes entités (Ordre des huissiers de justice …) qui demandent la révision de leur statut, situation.
On peut toujours considérer que ce sont des détails. Mais c’est le genre de détails qu’il faut prendre en compte si on veut éviter d’autres tensions sociales. C’est le cumul de tous ces détails qui est en sont à l’origine. Or, ces revendications, elles existent partout, à tous les niveaux. Et qu’elles sont constatées, il faut les résoudre au fur et à mesure.
Tout compte fait, la question qui se pose dès à présent est de savoir ce que va décider la HCC si le dit Conseil présidentiel outrepasse le délai qui lui est imparti. Et dans le cas contraire, si le Conseil présidentiel organisait cette élection présidentielle, contre vents et marées, que décidera le mouvement Génération « Z » et autres entités qui réclament un changement total du système ?
Force est de reconnaître que la position du Conseil présidentiel est difficile. Mais ce sont des hommes en uniformes, donc habitués à faire face à des situations de ce genre. On espère bien qu’ils trouveront la solution pour sortir de ce guêpier. Pour le moment, le moins qu’on puisse dire est qu’ils se trouvent entre le marteau et l’enclume.
Ranaivo Lala Honoré




