On change difficilement les habitudes. A peine les nouveaux dirigeants du pays viennent-ils d’être installés que l’on assiste, comme d’habitude en pareil cas, aux inévitables scènes de séduction de nombreux candidats aux différents hauts postes de l’Etat actuellement vacants. Des milliers de CV auraient été reçus.
Si les prétendants ne manquent pas, le choix ne sera pas facile pour le Conseil présidentiel pour la refondation de la République de Madagascar. Il ne s’agit pas seulement de savoir séparer le bon grain de l’ivraie. Il est vrai que de nombreux candidats ont su « nager » dans les différents régimes qui se sont succédé. Ce sont les incontournables courtisans.
Et il faut reconnaître que beaucoup ont réussi à cet exercice même si, finalement, on n’a jamais pu apprécier, de manière concrète et directe, leur véritable savoir-faire quand ils ont obtenu ce qu’ils voulaient. Toujours est-il qu’on ne peut pas manquer de louer leur capacité de persuasion pour se faire enrôler. Certains vendraient père et mère pour arriver à leurs fins.
Aujourd’hui, le plus important est que ces nombreux prétendants, en marge de leur compétence respective qu’ils auront à prouver une fois qu’ils seront à leur place, doivent satisfaire à certains critères exigés par les manifestants. Si l’on considère tous les critères, le profil du candidat idéal devrait correspondre à quelqu’un qui n’a jamais eu d’antécédent politique.
Ce qui, a priori, semble difficile. En effet, il généralement connu que la nomination des hauts cadres de l’Etat répond à des exigences politiques, à moins qu’il ne s’agisse de corporatisme, de népotisme ou de copinage. De toutes les façons, aucun de ces critères n’exclut pas les autres. Et c’est pourquoi on tombe souvent dans l’erreur.
Pourra-t-on trouver ces oiseaux rares ? Il se pourrait bien qu’ils existent mais c’est le temps disponible, relativement court, qui ne permet pas aux décideurs de ratisser large afin de dénicher ces perles rares. Et on ne peut pas se fier aux seuls CV dans la mesure où, dans ces derniers, on n’y cite que ce qui pourrait intéresser le(s) recruteur(s).
De ce fait, les recruteurs devront faire grande attention dans leur choix. Leurs décisions de recrutement sont susceptibles de se retourner contre eux si jamais l’heureux élu ne donne pas entière satisfaction. Ce seront les recruteurs qui supporteront, d’une manière ou d’une autre, les conséquences de leur mauvais choix.
Quant aux élus, Ce qui les attend n’est pas chose facile. Tous les regards se porteront sur eux. Leurs faits et décisions seront scrutés à la loupe par ceux qui les ont recrutés et par la population qui s’attend à des résultats rapides et concrets. Ainsi, leur premier essai devra être obligatoirement transformé. C’est seulement dans ces conditions qu’on conclura avoir trouvé
« The right man in the right place ».
Ranaivo Lala Honoré




