Recherche scientifique: Laurent Rijavolatsoa a mesuré l’activité antiradicalaire de la baie

Laurent Rijavolatsoa, un étudiant en Master Gestion et valorisation des ressources naturelles, mention Environnement de l’Institut universitaire de l’Innovation technologique de l’université de Vakinankaratra, a mené une recherche approfondie sur l’activité antiradicalaire de la baie, fruit issu de la plante médicinale « Menafatana », connu sous le nom scientifique de Doratoxylon littorale (Sapindacées).

* Tout d’abord, que signifie antiradicalaire ?
– Laurent Rijavolatsoa : Un antiradicalaire est une substance qui neutralise les radicaux libres, des molécules instables qui peuvent endommager les cellules.

* Et pourquoi avoir choisi la baie comme objet de votre recherche ?
– La partie Est de Madagascar est riche en fruits comestibles divers et variés, parmi lesquels des fruits de rente comme le litchi, le girofle, la vanille, la cannelle et le poivre, ainsi que des fruits locaux et tropicaux tels que le jacquier, la papaye, le corossol, le fruit de la passion et différentes variétés de bananes. Pourtant, cette richesse disparaît peu à peu à cause de la déforestation due à l’agriculture sur brûlis, à l’exploitation du bois et à l’expansion des pâturages, au changement climatique ainsi que la pression exercée sur les ressources forestières. Il est donc nécessaire d’étudier d’autres fruits potentiellement riches en nutriments, en éléments minéraux et en fibres, afin de répondre aux besoins des populations.

* Et votre choix s’est porté…
– La baie, la plante médicinale Dora­toxylon littorale, endémique de Madagascar. D’une couleur rouge violacée, ce fruit sphérique dégage une odeur sucrée et juteuse, voire acidulée, rappelant celle du raisin.
* Comment avez-vous procédé ?
– Après le criblage phytochimique, c’est-à-dire l’étude des différentes familles chimiques présentes dans l’extrait hydro-éthanolique de la baie du fruit de Doratoxylon littorale, nous avons étudié sa capacité antioxydante. Pour ce faire, nous avons utilisé le 2,2-diphenyl-1-picrylhydrazyl (DPPH), afin de tester l’efficacité antioxydante de l’extrait.

* Quels ont été les résultats ?
– L’extraction éthanol-eau à chaud des matériels végétaux a donné un rendement de 11,4%. L’identification des familles chimiques par criblage phytochimique a révélé la présence de forte teneur des polyphénols dont les flavonoïdes et ces dérivées (tanins, anthocyanes, leucoanthocyanes, flavonones et flavononols), des alcaloïdes et des polysaccharides. Et les stéroïdes dont des stérols insaturés présentent avec une teneur modérée et enfin on note aussi une trace de saponoside. Et l’absence des composés comme les anthraquinones, les triterpènes et les hétérosides cyanogénétiques a été constatée.

* Concernant l’activité antiradicalaire…
– L’activité antiradicalaire est évaluée par le test de réduction du DPPH (2,2-diphenyl-1-picrylhydrazyl). La concentration inhibitrice CI50 est de 2,14 mg/ml, tandis que celle de l’acide ascorbique, le produit de référence est de CI50=0,25 mg/ml.
* Vos conclusions ?
– Paradoxalement, malgré une production agricole significative, la population manque de nourriture nutritive, comme en témoignent une faible consommation de fruits et légumes et des taux élevés de malnutrition. Des pays tropicaux comme Madagascar ne manquent pas de ressources naturelles valorisables, mais le manque de moyen technique et financier empêche les jeunes de se lancer dans la transformation agroalimentaire. Il faut actuellement redécouvrir et étudier les anciens fruits oubliés et consommés par nos ancêtres, comme c’est le cas du fruit de Doratoxylon littorale de l’Est de Madagascar.

Propos recueillis par Sera R.

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