L’incapacité de la Jirama de fournir suffisamment de l’électricité à ses abonnés a été, entre autres, l’une des raisons qui ont été à l’origine des manifestations qui ont entrainé la chute du régime Rajoelina. Pour cette raison, ceux qui tiennent actuellement les rênes du pouvoir vont devoir trouver une solution à ce problème.
Outre les facteurs externes (dépendance à l’énergie fossile, désuétude du matériel d’exploitation, …) la Jirama est également en proie de nombreux problèmes internes. Parmi ceux-ci, on peut citer la corruption, les vols de carburants, les détournements qui ont déjà été porté à la connaissance du public.
Si l’augmentation de la quantité d’électricité produite, par quels moyens que ce soit, est sans aucun doute la solution finale, toujours est-il que la compagnie peut déjà entreprendre, dès à présent, des décisions internes qui auront le mérite, un tant soit peu, de limiter les pertes qu’elle ne cesse de cumuler.
Parmi ces décisions, il y a celle qui viserait à restreindre les consommations d’électricité, en particulier celle des agents de la Jirama, elle-même. D’aucuns ignorent que dans beaucoup d’entreprises, il est de coutume de faire bénéficier les employés de quelques avantages en nature.
Et pour le personnel de la compagnie, cela se matérialise dans la gratuité de leur consommation d’eau et d’électricité. En soi, cet avantage ne pose pas un problème. C’est une pratique courante dans de nombreuses unités industrielles ou autres entreprises dans différents secteurs.
Le vrai problème se trouve dans le fait que certains employés de la Jirama en profitent, outrepassent les avantages qui leurs ont été accordés. En effet, non seulement, l’électricité est consommée sans modération mais encore elle fait l’objet de nombreuses spéculations illégales.
Cela se fait sous la forme de raccordements illicites, de branchements parallèles… qui sont exploités par des agents de la Jirama eux-mêmes sans que la compagnie en profite. Autrement dit, une grande partie de l’électricité produite est consommée gratuitement.
Déjà la production d’électricité de la Jirama serait vendue en dessous du prix qui devrait être pour des raisons d’ordre social mais encore, la partie des recettes qui devrait entrer dans les caisses de la compagnie est détournée. Dans ces conditions, il ne faut pas s’étonner si elle enregistre autant de pertes.
Il ne suffit pas à chaque fois et toujours d’injecter des fonds colossaux pour régler les problèmes de la Jirama. Tel qu’on l’a déjà vu depuis tout ce temps, la compagnie nationale de fourniture d’eau et
d’électricité, comme les routes, peut être comparée au tonneau des Danaïdes.
Ranaivo Lala Honoré




