Antananarivo est devenue un véritable capharnaüm. A mesure que les années passent, l’anarchie urbaine s’installe, rongeant les fondations mêmes de la capitale. Entre constructions illicites, occupation sauvage des trottoirs et embouteillages permanents, la ville semble étouffer sous le poids de ses propres désordres.
Les descentes successives de la Présidence de la Refondation et du maire Harilala Ramanantsoa à Ankatso ont révélé l’ampleur du problème. Une dizaine de pavillons érigés, sans la moindre autorisation, directement sur des canaux d’évacuation des eaux usées. Ces ouvrages illégaux, en plus de violer les règles élémentaires d’urbanisme, bouchent complètement deux canaux essentiels à l’assainissement du quartier. A l’approche de la saison des pluies, le risque d’inondations devient une menace bien réelle.
Pendant ce temps, à Behoririka, les marchands envahissent de plus en plus la chaussée. Profitant de la fragilité politique du maire et de la période de transition, ils s’installent là où ils le peuvent, au mépris de toute réglementation. Résultat : la circulation est paralysée et le désordre devient la norme.
Ce qui se joue à Antananarivo dépasse de simples infractions. Il s’agit d’un symptôme profond d’un pouvoir affaibli, d’une autorité municipale contestée et d’une citoyenneté en déshérence. L’espace public devient une zone de non-droit et le vivre-ensemble s’effondre.
Il est urgent que la capitale retrouve le souffle d’une véritable gouvernance urbaine, celle qui planifie, contrôle et protège. Antananarivo mérite mieux qu’un chaos organisé. Elle mérite une vision, une volonté et un respect partagé des règles. Faute de quoi, la ville des Mille finira engloutie sous le poids de ses propres contradictions.
T. Rasam




