Prix Paritana 2025 : le “fihavanana” au cœur de la création d’Andri Marcel

Le Prix Paritana, organisé par la Fondation H depuis 2017, confirme son rôle moteur dans la promotion de la scène contemporaine malgache. Pour cette 9e édition, le jury, composé de professionnels locaux et internationaux, a salué « l’amélioration globale de la qualité des dossiers reçus » parmi les 46 candidatures déposées. Trois artistes ont été primés : Chloé Soafaniry Ramanankasina, lauréate du premier prix, ainsi que Andri Marcel et Rado Ramilison, désignés vice-lauréats ex æquo.

En résidence à la Fon­dation H à Antanana­rivo, Andri Marcel, de son vrai nom Marcel Josoa Andrisoa Rakotonandra­sana, développe actuellement son projet intitulé «Fihavanana, Mitam-pihavanana». A travers cette œuvre, l’artiste explore les notions de solidarité, d’entraide et de cohésion sociale — des valeurs profondément ancrées dans la culture malgache.
En expérimentant avec des matériaux de récupération tels que des sandales usées, des pneus ou des boîtes de conserve rouillées, il fait dialoguer recyclage, mé­moire et reconstruction.
«Mitam-pihavanana signifie maintenir le fihavanana, une expression qui interroge la fragilité de ce lien dans une société contemporaine marquée par les fractures sociales», souligne le communiqué de presse de la Fondation H.

Une exposition en solo annoncée

A l’issue de sa résidence, Andri Marcel présentera une exposition personnelle dans les espaces de la Fondation H à Antananarivo, du 8 no­vemb­re au 7 décembre. Composée de deux installations et d’une série de portraits, cette exposition mettra en avant la force du collectif, la transmission intergénérationnelle et la beauté des re­lations humaines — où cha­que objet du quotidien devient symbole de résilience et d’identité partagée.
Pour la première fois, l’artiste adopte une techni­­­que mixte alliant mosaïque et «bemiray», une forme de patchwork malgache.
«Cette notion de bemiray rappelle que la société, comme une étoffe, tient par la réunion de fragments hétérogènes», pré­cise le communiqué.
Avec «Fihavanana, Mi­tam-pihavanana», Andri Marcel signe une œuvre à la fois plastique et philosophique, un hommage vibrant à la persistance du vivre-ensemble.
Son art, ancré dans la ma­tière et la mémoire, devient un acte de réparation et d’espoir : «rassembler ce qui est brisé, réparer ce qui se défait et maintenir ensemble ce qui reste».

Holy Danielle

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