Rovan’Ambohidrabiby: le Trano Mahasoa rouvre ses portes

Perché sur l’une des douze collines sacrées de l’Imerina, situé au Nord-ouest d’Antananarivo, le Rovan’Ambohidrabiby – Hasin’Imerina s’enrichit d’un nouvel édifice avec l’inauguration du « Trano Mahasoa », le 1er novembre.

Selon l’association Tara­naka Ambohidrabiby, ce bâtiment inspiré de l’architecture traditionnelle « Trano Kotona », était au­trefois destiné aux gardiens de la tradition (Mpitan­ka­sina et Zanadrano) au cours du XVIe siècle, sous les règnes de Rabiby et Ra­lam­bo. Ces derniers venaient des quatre coins de l’île, pour y accomplir des rituels sacrés.
« Depuis des centaines d’années, beaucoup de personnes viennent à Ambohidrabiby pour effectuer des cérémonies d’offrandes, en guise de reconnaissance et de remerciements ainsi que pour demander la bénédiction », a fait savoir Hasina Raza­findrakoto, président de l’asso­ciation Tara­naka Ambohidrabiby.
« Pour les Zanadrano issus des différentes régions et même au-delà de nos frontières, ce nouvel édifice seraun nouveau lieu de culte et d’hospitalité », a-t-il renchéri.
Le projet de restauration de ce patrimoine qui a subi les affres du temps, a vu le jour en 2014. Mais ce n’est qu’en 2018 que le ministère a délivré le permis de construire. Et, grâce aux généreux donateurs de la diaspora, le bâtiment a pris un coup de jeune. « Trano Mahasoa » a été inauguré lors d’une cérémonie symbolique en présence des autorités traditionnelles et publiques. Et selon les us et coutumes, un zébu a été sacrifiée et la viande a été partagée en guise du « nofon-kena mitam-pihavanana ».

Des circuits culturels

En collaboration avec l’Office Régional du Tourisme d’Analamanga (Ortana), plusieurs circuits culturels sont désormais proposés à Ambohidrabiby, encadrés par des guides spécialisés en histoire de l’Imerina.
« Parmi nos joyaux, le Lapa Fenohasina, un palais en bois précieux au toit de chaume. Ce bâtiment ne s’ouvre que lors d’événements exceptionnels, comme le Taombaovao malagasy. Classé patrimoine national, le site d’Ambohidrabiby est clôturé et l’accès y est strictement réglementé. Il est formellement interdit d’y allumer un feu sous peine de sanctions. Des gardes et des réception­nistes assurent en permanence la surveillance et l’accueil des visiteurs », a-t-il conclu.
Et en cette période sèche où les sites culturels sont souvent menacés par les incendies, les mesures de sécurité ont été renforcées pour prévenir tout drame.

Joachin Michaël

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