On s’attendait à un black-out total hier, heureusement que ce ne fut pas le cas. Ces derniers mois ont permis d’apprécier à leur juste valeur, la disponibilité de l’eau courante et de l’électricité. La joie extrême ressentie accompagnée d’un véritable soulagement quand l’eau et/ou l’électricité reviennent après une coupure montre notre dépendance totale vis-à-vis de l’eau et de l’électricité.
Et quand certains employés de la Jirama brandissent la hantise du black-out pour obtenir satisfaction dans leurs revendications, il est sûr et certain qu’ils ne pourront jamais acquérir la sympathie de la population qui se trouve ainsi, en fin de compte, prise en otage. Il ne faut pas qu’ils oublient que la disponibilité de l’eau courante et de l’électricité sont des droits fondamentaux.
Ainsi, dans leur démarche demandant le limogeage du DG israélien de la Jirama, il faut qu’ils trouvent autre chose. D’ailleurs, on peut se demander les raisons de cette fixation contre l’actuel DG. En tout cas, on ne peut rien dire sur le salaire considéré d’exorbitant qu’il percevrait tant que ce ne sont pas les caisses de l’Etat qui en souffrent. D’ailleurs, la Banque mondiale ne s’en offusque pas.
De toutes les façons, il a déjà été dit et redit que le sort de l’actuel DG sera fixé après l’audit qui sera fait et qui montrera si les actions qu’il a menées dans le cadre du redressement de la Jirama ont été positives ou non. Donc, attendons ces résultats. Alors, on se demande bien les raisons inavouées de cette impatience des grévistes.
Sans chercher à faire un procès d’intention à la fraction de grévistes de la Jirama – car ce n’est pas tout le personnel qui est en grève et contre ce DG -, on peut croire que leur empressement à déloger ce DG de son poste vise à cacher d’autres réalités qui les déragent. D’aucuns ignorent que ce DG serait inflexible en tout ce qui concerne les méthodes de travail.
Autrement dit, le laxisme bien connu de certains agents de la Jirama ne conviendrait pas à ce dirigeant pour qui, le travail dans le respect de la discipline passe avant tout. De plus, on ne peut pas manquer de le dire tout haut, les employés craignent qu’on touche à leurs avantages (non-paiement des factures d’eau et d’électricité, primes, …).
Enfin, tout le monde sait que des malversations (détournements, vols de carburants…) ont été faites au sein de la Jirama. Cela même a déjà été dénoncé par l’ancien Président de la République. Les auteurs de ces malversation – dont des cadres supérieurs de l’entreprise -, ne veulent pas que ces délits soient démasqués et portés à la connaissance du grand public. Et c’est le DG qui, en fait, est le bouc émissaire.
Ranaivo Lala Honoré




