Du 8 au 24 décembre, l’Institut français de Madagascar (IFM) Analakely accueille une exposition intitulée « Zafimaniry doria, le souffle d’une mémoire vivante », signée Tangalamamy. Cette monographie, dédiée au peuple Zafimaniry, met en lumière un savoir-faire exceptionnel en art du bois, inscrit au patrimoine culturel immatériel de l’Unesco depuis 2008. A travers cette exposition, l’artiste propose un regard qui conjugue esthétisme, témoignage et réflexion sur une culture en pleine mutation.
Photographe et ingénieur forestier, Tangalamamy nourrit depuis longtemps une profonde admiration pour l’art zafimaniry. L’architecture unique de ses maisons, l’élégance des sculptures ornant portes, piliers et objets du quotidien, ainsi que sa maîtrise remarquable de l’assemblage sans clou font la renommée de cet art ancestral. « Ces créations témoignent d’une profonde relation entre l’humain et son environnement », extrait du communiqué de l’IFM. Et pourtant, cette harmonie reste fragile aujourd’ hui, confrontée aux transformations sociales et aux pressions modernes.
L’exposition se veut avant tout un hommage. A travers ses photographies en noir et blanc, Tangalamamy capture avec finesse des scènes de vie révélatrices, comme le travail des paysans, les gestes quotidiens, les rythmes immuables d’un peuple qui vit dans une proximité intime avec la forêt. Chaque image semble raconter une histoire, celle d’un équilibre subtil entre tradition, spiritualité et survie.
Une immersion au cœur d’un peuple
Pour comprendre cette profondeur, il faut remonter à 2012, l’année où Tangalamamy s’est véritablement intéressé aux Zafimaniry. Depuis, il multiplie les séjours avec les Zafimaniry, partage leur quotidien, observe leurs rituels, leurs joies et leurs inquiétudes. « Il vit
et travaille avec eux, partage leurs gestes, leurs rythmes, leurs rituels et leur rapport au monde », selon toujours le communiqué. Cette immersion lui permet de restituer une vision authentique. Ainsi, Tangalamamy ne se contente pas de photographier un mode de vie, il en adopte les codes, en épouse les nuances. « Au fond, Tangalamamy restera un Zafimaniry de cœur », ajoute-t-il.
A travers cette exposition, il souhaite transmettre non seulement la beauté visuelle de cet art unique, mais aussi la profondeur d’une culture qui lutte pour préserver son identité. Son travail rappelle à quel point la mémoire peut être fragile, mais aussi comment l’art peut devenir un outil puissant de transmission. Le vernissage aura lieu le 11 décembre à 18 heures, une occasion de rencontrer et d’échanger avec l’artiste.
Holy Danielle




