La décision de la Guinée équatoriale de déplacer officiellement sa capitale de Malabo à Ciudad de la Paz mérite d’être saluée. Car au-delà des débats sur la situation politique dans ce pays, il y a quand même une vision. C’est l’anticipation.
Pour ceux qui ont eu l’occasion de visiter la ville de Malabo, c’est à la fois étouffant et énervant avec les embouteillages, la saturation des services publics et l’exode rural incontrôlé. Donc, un tableau familier pour bien des capitales africaines comme la nôtre, Antananarivo. En choisissant une autre ville avec un potentiel d’extension, la Guinée équatoriale a fait un pari stratégique. Celui de désengorger la capitale et de moderniser d’autres villes environnantes.
Cette démarche n’est d’ailleurs pas isolée. D’autres pays tels que l’Indonésie l’a engagée à une tout autre échelle avec Nusantara. Une nouvelle capitale en construction sur l’île de Bornéo, pour soulager Jakarta, menacée par la pollution et la surpopulation. Le Sénégal, plus proche de nous, a lancé Diamniadio pour desserrer l’étau autour de Dakar, en créant une ville moderne, connectée et multifonctionnelle.
Et nous dans tout cela ? Le projet Tanamasoandro s’inscrit pleinement dans cette logique. Cette ville-soleil devrait redonner de l’oxygène à une Antananarivo prisonnière de ses embouteillages interminables et de son attractivité excessive face au reste du pays. D’ailleurs, avec la fin de période de vacances, on fait déjà face à ce qui est de pire pour la circulation dans le centre-ville.
Certes, le projet suscite des interrogations et le gouvernement actuel, transition oblige peut-être réticent, mais avec le prochain régime devra trouver le moyen de finaliser ce projet. Certes, par rapport à Ciudad de la Paz, Nusantara ou Diamniadio, Tanamasoandro n’est pas une baguette magique, et c’est un investissement de long terme qui exige constance et volonté politique. Mais il n’en demeure pas moins que c’est déjà une solution.
Au fond, la vraie question n’est donc pas de savoir s’il faut créer de nouvelles capitales ou villes administratives mais si l’on accepte enfin de penser le développement
autrement que dans l’urgence. L’exode rural, la congestion urbaine et les inégalités ne disparaîtront pas d’un coup de baguette magique. Ils demandent des choix courageux, parfois impopulaires, mais solides.
Rakoto




