Entre gouvernement et opérateurs télécoms: la baisse des tarifs de l’Internet, reste un sujet de discorde

La baisse des tarifs de l’Internet reste un sujet de discorde entre le gouvernement de la Refondation et les opérateurs télécoms, réunis au sein du Groupement des télécommunications de Madagascar (GTM). Au cœur des différends : la fiscalité, la qualité du réseau et l’ouverture du marché à de nouveaux acteurs.

Les opérateurs dénoncent un environnement fiscal qu’ils jugent pé­nalisant, notamment le droit d’accises, la taxe sur les transactions mobiles et celle sur l’importation de smartphones de moins de 100 dollars. A cela s’ajoutent, selon eux, la dépréciation de l’ariary, la hausse du coût de l’énergie et une concurrence qualifiée de déloyale.
Le GTM assure pourtant que la suppression de ces taxes n’affecterait pas les re­cettes publiques. Les opérateurs affirment même pouvoir garantir « jusqu’à 400 milliards d’ariary d’impôts » si certaines taxes sont levées.
Le ministre en charge du Développement du Numéri­que, des Postes et des Télé­communications (MNDPT), Mahefa Andriamam­piada­na, défend la position de l’État. Il met en avant le besoin de « réinvestir dans l’amélioration des infrastructures et de la qualité d’Internet ». Il insiste sur la nécessité de collaborer avec les opérateurs afin de « faire baisser les prix et élargir l’accès à Internet », pour promouvoir la compétitivité et l’inclusion numérique.
Des avancées ont toutefois été annoncées. Le ministre évoque « une baisse progressive des tarifs Internet », fruit des échanges avec les opérateurs. L’État demande en retour que les économies réalisées, notamment en cas de suppression d’accises, soient « réinvesties dans l’amélioration du réseau et de la qualité de service ».
Ouverture à la concurrence
Sur le terrain, les ajustements restent limités. Début décembre 2025, les opérateurs ont lancé une offre promotionnelle. Pour 1.000 ariary, les usagers bénéficient de 512 Mo valables 24 heures, plus 512 Mo utilisables la nuit. Le ministère a qualifié ces réductions «d’essais», pré­cisant qu’elles permettront aux opérateurs de «revoir à nouveau leurs tarifs en début d’année», selon un communiqué publié le 19 décembre 2025.
Parallèlement, la concurrence s’annonce plus vive. Le président de la Refonda­tion, le colonel Michael Randrianirina, a annoncé le retour d’investisseurs étrangers intéressés par le marché malgache. Il affirme vouloir « réformer les textes pour instaurer une concurrence réelle et mettre fin à toute forme de monopole », avec pour objectif de « réduire le coût de l’accès à Internet ». Selon une source proche du dossier, des opérateurs du Moyen-Orient, d’Asie et même un concurrent de Starlink manifestent leur intérêt.
Avec déjà Yas, Orange, Airtel, Blueline et Starlink présents sur le marché, l’arrivée de nouveaux acteurs pourrait profondément transformer le secteur. Reste à savoir comment ces investisseurs parviendront à rentabiliser leurs projets dans un marché encore concentré dans les grandes villes comme Antananarivo et Toamasina.

Arh.

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