Après une finale de la coupe d’Afrique des nations aussi passionnée que controversée sur le sol marocain, opposant le Maroc au Sénégal, les deux nations semblent avoir choisi la voie de l’apaisement. Les tensions nées sur la pelouse et dans les tribunes s’estompent au profit d’un retour à la fraternité africaine qui a toujours caractérisé les relations entre ces deux pays frères.
Du côté marocain, le Roi Mohammed VI a adressé un message empreint de sagesse et de hauteur de vue. Tout en félicitant son peuple pour la qualité exceptionnelle de l’organisation et saluant le parcours remarquable des Lions de l’Atlas, le souverain n’a pas manqué d’évoquer les « fâcheux incidents déplorables » survenus lors de cette finale. Mais il a aussitôt relativisé : une fois la passion retombée, la fraternité interafricaine reprendra naturellement le dessus.
« Cette réussite marocaine est aussi une réussite africaine », a-t-il insisté, rappelant que le Maroc est fier d’avoir offert un mois de joie populaire et d’émotion sportive au continent entier. Face aux voix qui ont tenté d’attiser la rancœur, le Roi a affirmé avec fermeté que « les desseins hostiles ne parviendront jamais à leurs fins » et que le peuple marocain saura toujours faire la part des choses, refusant de se laisser entraîner dans la discorde.
Côté sénégalais, le ton a été tout aussi conciliant. Dès la réception de l’équipe nationale à Dakar, le président Bassirou Diomaye Faye a tenu à adresser des félicitations sincères au Maroc et à sa Majesté le Roi Mohammed VI, pour l’organisation irréprochable de la compétition. Il a exprimé la gratitude du peuple sénégalais pour l’accueil chaleureux réservé à la délégation des Lions de la Téranga.
« Je félicite l’équipe nationale marocaine pour son parcours remarquable », a-t-il déclaré, soulignant les liens indéfectibles entre les deux nations.
Cette volonté de dépassionner l’épisode sportif trouve un écho concret dans les échanges au plus haut niveau gouvernemental. Le Premier ministre sénégalais, Ousmane Sonko, a révélé avoir eu un entretien téléphonique avec son homologue marocain, Aziz Akhannouch, pour convenir de la tenue de la 15ᵉ session de la Grande Commission mixte maroco-sénégalaise, prévue du 26 au 28 janvier à Rabat. Un signal fort qui montre que, malgré tout, les vrais défis communs, économiques, sécuritaires, culturels, restent prioritaires.
« Nous appelons nos compatriotes respectifs et tous les amis à dépassionner cet épisode qui, en aucun cas, ne peut aller au-delà du simple cadre sportif », a déclaré Ousmane Sonko.
Réserves
Parallèlement à ces gestes d’apaisement diplomatique, l’aspect purement sportif reste en suspens. La Commission de discipline de la Confédération africaine de football (Caf) a entamé l’examen des réserves déposées par la Fédération royale marocaine de football (FRMF) immédiatement après la finale.
Ces réserves portent sur plusieurs points graves soulevés par la partie marocaine : des questions de sécurité liées au comportement de certains supporters sénégalais, un arbitrage jugé défaillant et dépassé par les événements, le retour non autorisé des joueurs sénégalais aux vestiaires sans l’accord de l’arbitre, ainsi que des attitudes problématiques relevées du côté du staff, de l’entraîneur et des joueurs. La CAF, qui n’a pas encore rendu sa décision sur l’issue du match, traite désormais ces dossiers avec la prudence et la rigueur requises.
Naisa




