Les hautes terres centrales confirment leur vocation agricole. A Antsirabe, les 22 et 23 janvier, près de 100 acteurs venus d’Itasy, Vakinankaratra, Bongolava et Analamanga regroupant opérateurs privés, partenaires techniques, agriculteurs, éleveurs et PME, ont identifié les filières à fort potentiel et tracé les priorités, lors des Assises régionales sur l’agribusiness.
«Nos régions disposent d’un fort potentiel grâce à la complémentarité entre production, transformation et marché». Huit filières se singularisent : riz irrigué et pluvial, maïs, café, baie rose, fruits, aviculture et lait qui peuvent créer de la valeur ajoutée et des emplois durables.
La filière du riz irrigué génère aujourd’hui un chiffre d’affaires moyen de 2,4 millions d’ariary par hectare et par an, avec une valeur ajoutée estimée à 850.000 ariary, selon les chiffres fournis par le ministère de l’Agriculture et de l’élevage (Minae).
Selon les experts, l’amélioration des pratiques culturales, l’accès à des intrants de qualité et une meilleure organisation de la production, pourraient permettre de doubler ce revenu, qui pourrait atteindre 4,8 millions d’ariary par hectare.
La filière du riz pluvial ne reste pas en reste. Son potentiel est jugé prometteur, avec un chiffre d’affaires pouvant passer de 1,8 million à 4,2 millions d’ariary par hectare et par an, tandis que la valeur ajoutée pourrait s’établir autour de 990.000 ariary.
Les cultures de rente affichent aussi des perspectives solides. « Le café reste une filière à haute valeur, tournée vers les marchés spécialisés », notent les opérateurs. La baie rose impressionne par sa rentabilité : « Avec une meilleure transformation, les revenus peuvent encore augmenter ». Le lait, avec 100 millions de litres par an, est considéré comme une filière « stratégique pour l’emploi et la substitution aux importations». L’aviculture et les fruits complètent ce tableau dynamique.
Blocages
Mais les blocages persistent. Les producteurs dénoncent «l’insécurité foncière», «les taux d’intérêt élevés» et «l’absence de circuits commerciaux structurés». Ils ajoutent : «Trop d’intermédiaires réduisent nos marges».
Des réponses concrètes se dessinent. Les acteurs demandent « l’accès facilité à la terre », « la mise en place d’une banque dédiée aux producteurs » et « des mécanismes clairs de commercialisation ». Ils insistent aussi sur la distribution « des semences de qualité, des intrants abordables et la formation technique ».
Prochaine étape : une concertation nationale entre Etat et secteur privé, avec comme objectif de transformer structurellement l’agriculture et relancer l’économie.
Arh.




