Reboisement : un coup d’épée dans l’eau ?

Ces derniers temps, de nombreuses associations, des particuliers, des églises et des institutions ont mené des campagnes de reboisement. Certains l’ont fait dans des zones habituelles, d’autres ont choisi de nouveaux sites, et beaucoup ont également planté sur leurs propres terrains. L’objectif est de redonner à Madagascar son statut d’« île verte », en remplaçant les forêts détruites par les aléas naturels et surtout par les actions humaines, notamment la déforestation. Sans parler de la pratique du tavy (culture sur brûlis) et de la transformation des forêts en charbon de bois. De nombreuses régions à travers l’île sont concernées par ce phénomène. La superficie forestière diminue chaque année. Il est donc tout à fait légitime que les citoyens et les différentes organisations multiplient les initiatives de reboisement.
Cependant, le problème est que ces campagnes de plantation d’arbres se succèdent depuis déjà longtemps dans tout le pays. Chaque année, à la saison propice, elles se répètent, mais les résultats restent préoccupants. Ceux qui ont planté l’année précédente, lorsqu’ils recommencent, affirment souvent un taux de réussite de 80 à 90 %. De nouvelles technologies ont même été introduites à un moment donné pour améliorer ces efforts, mais au final, la situation semble inchangée.
Ce qui surprend, c’est que les collines restent dénudées, alors qu’elles devraient déjà être couvertes d’une végétation luxuriante au vu du temps et des efforts investis. Pour certains, l’objectif principal — restaurer un environnement verdoyant — est relégué au second plan, au profit de la mise en scène, des prises de photos et des apparitions à la télévision. De plus, le suivi des actions réalisées est insuffisant : une fois les plantations effectuées, elles sont souvent abandonnées.
Ce secteur nécessite donc une réforme profonde et rigoureuse si l’on veut obtenir des résultats concrets. Afin que ces efforts ne restent pas, comme le dit l’expression, un simple coup d’épée dans l’eau.

Mparany

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