Faisant suite aux auditions publiques tendues, consacrées à la pression des importations de tubes et accessoires en matières plastiques et alimentaires les 25 et 26 mars à la Maison des Produits aux 67Ha, il est difficile pour l’Autorité nationale des mesures correctives commerciales (ANMCC), de faire un arbitrage délicat entre libre échange et protectionnisme.
Les importations de tubes et accessoires en matières plastiques et alimentaires, n’ont cessé de progresser au cours des 5 dernières années, atteignant environ 4.000 tonnes en 2024. Par contre, la branche de production nationale peine à optimiser l’utilisation de ses capacités, sous la pression croissante des produits importés. Entre protection de l’industrie nationale, respect des engagements internationaux et préservation du pouvoir d’achat, l’équation s’annonce complexe. Au-delà des procédures et des données chiffrées, c’est l’avenir de plusieurs filières stratégiques qui se joue entre les mains de l’ANMCC.
Toutes les parties disposent jusqu’au 10 avril 2026 pour soumettre leurs observations écrites, avant une décision finale très attendue.
Libre-échange et protectionnisme
Concernant les produits en plastiques tels que tubes, tuyaux et divers accessoires, les échanges lors des auditions du 25 mars, ont été tendus. Si les producteurs locaux tels SMTP et Plascom ont dénoncé une concurrence déloyale et ont fait appel à des mesures de sauvegarde urgentes, le gouvernement mauricien a contesté certains aspects de la procédure, soulevant des préoccupations quant au respect des règles du commerce international.
De son côté, la Chambre de Commerce met en garde contre les effets collatéraux d’éventuelles restrictions, notamment sur l’emploi. Même au sein des institutions publiques, les positions divergent. Entre impératifs industriels, contraintes énergétiques liées à la Jirama et considérations économiques, les parties prenantes ne parviennent pas à atteindre un consensus.
Les auditions du 26 mars concernant les produits alimentaires, notamment les pâtisseries sèches et les céréales pour petit déjeuner, ont également été sous tension. Les producteurs locaux à savoir JB, Unibisc, Socobis et Nutrifood ont tiré la sonnette d’alarme face à une hausse alarmante des importations, en pointant du doigt les importateurs. De leurs côtés, ces derniers incluant SICM, Eximco et OIN rejettent ces accusations spécifiant que leurs produits ciblent des segments de marché distincts et ne concurrencent pas directement la production locale.
De ce fait, ils ont plaidé pour une approche plus nuancée, fondée sur des mécanismes de taxation différenciés. L’association pour la défense des consommateurs a quant à elle appelé à se recentrer sur l’essentiel, à savoir la santé publique, l’accessibilité des produits et le développement d’une industrie locale durable.
Jean Riana




