Commerce extérieur: un ariary fort réduit les marges des exportateurs

À Madagascar, la vigueur de l’ariary inquiète les exportateurs. «Un ariary fort est préjudiciable aux exportations en général», alerte le président du Groupement des exportateurs de girofle de Madagascar (GEGM), Jean-Luc Dama, en marge de la consultation publique organisée par Banky foiben’i Madagasikara (BFM) sur l’avenir de la monnaie malgache, hier au Palais des Sports Mahamasina.
Selon lui, une appréciation de la monnaie nationale pénaliserait la compétitivité du pays sur les marchés internationaux. «Si l’ariary s’appréciait au niveau des exportations, ce serait donc assez dommageable pour nous. Les prix que nous offririons seraient nettement plus élevés que ceux des pays concurrents», explique-t-il.
Le secteur des épices et du cacao ne cache pas non plus son appréhension. Madagascar fait face à une forte concurrence de la part des pays producteurs comme Zanzibar, les Comores, le Sri Lanka, le Brésil et l’Inde. L’Indonésie reste le principal producteur mondial de girofle, mais l’essentiel de sa production est utilisé pour fabriquer les cigarettes. Elle en exporte très peu.
«Madagascar est le premier exportateur mondial avec environ 20.000 tonnes vendues sur le marché indien», souligne l’opérateur économique.
L’impact économique est palpable. Lors d’une courte période d’appréciation de l’ariary, les exportateurs ont perdu, selon lui, «en moyenne 8 % de leur marge». «Quand l’exportateur perd de l’argent, toute la chaîne de valeur en pâtit, jusqu’aux paysans. Le revenu des producteurs diminue, ce qui accroît la précarité en milieu rural et réduit la capacité d’investissement», précise le président du GEGM.
Pour les acteurs du secteur, maintenir un ariary compétitif est vital. Une monnaie forte fragilise non seulement la position de Madagascar sur le marché mondial, mais menace aussi le revenu des exportateurs et des agriculteurs et l’équilibre économique des zones rurales.

Arh.

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