Une équipe de Visa, leader mondial des paiements numériques, a rencontré des PDG de grandes institutions financières à Madagascar. L’objectif est d’accompagner le pays dans l’accélération de l’adoption des paiements digitaux, tant pour les consommateurs que pour les commerçants. Cette initiative devrait également contribuer à réduire l’usage du cash et à transformer l’économie nationale.
Madagascar, où le taux de bancarisation reste très faible, suscite l’intérêt de Visa, le leader mondial des paiements numériques. Le réseau de paiement digital et mobile souhaite accompagner le pays à améliorer son écosystème de paiements digitaux. Selon Christian Mbonapeka, country manager de Visa pour les îles de l’océan Indien et Djibouti, cette initiative devrait réduire l’usage du cash et favoriser l’inclusion financière. “Le taux de bancarisation à Madagascar se situe entre 25 et 30%, alors que certains pays africains ont atteint 60%, voire 70%. En Afrique de l’Est, par exemple, des pays comme le Kenya bénéficient à la fois d’une forte pénétration bancaire et d’un usage très élevé du mobile money. Nous nous demandons donc comment reproduire ce succès à Madagascar, en commençant par les bases : l’infrastructure, le réseau et l’accès aux téléphones mobiles”, explique-t-il.
Selon le country manager, l’objectif est de créer un système de paiement par carte adapté aux réalités de Madagascar. La téléphonie mobile apparaît comme l’un des outils les plus pratiques dans ce contexte. Il évoque même la possibilité d’un système hybride combinant carte et mobile, une solution qui pourrait parfaitement s’inscrire parmi les options à développer.
Le cash freine l’inclusion financière
Mais pourquoi réduire l’usage du cash ? Plus le cash circule, moins il favorise l’inclusion financière. “Prenons l’exemple d’un commerçant qui n’accepte que les paiements en espèces et n’a pas accès aux cartes. Il reste invisible pour le système financier. Résultat : s’il a un accident ou s’il a besoin d’un prêt pour développer son activité, il ne pourra pas y accéder. Même pour croître normalement, il n’a pas accès au capital nécessaire. Cela signifie qu’il faut non seulement lui expliquer le prix, mais aussi ce que ce prix peut lui apporter”, explique Christian Mbonapeka. Pour lui, il sera également nécessaire de collaborer avec l’État, qui joue le rôle de régulateur.
Si cette initiative est menée à terme, il faudra du temps pour l’éducation financière, mais ce n’est pas impossible, selon Christian Mbonapeka. Des pays comme l’Éthiopie ont mené des réformes économiques et monétaires qui ont ouvert leur économie. L’idée est d’accompagner Madagascar dans cette voie. “Une chose à noter : dans les pays où les commerçants ont adopté le paiement par carte, leur chiffre d’affaires a automatiquement augmenté”, souligne-t-il.
Le mardi 24 mars, Visa a tenu une réunion avec des PDG, réunissant dirigeants et leaders d’entreprise pour des échanges de haut niveau sur les nouvelles tendances, l’innovation et l’évolution rapide du secteur. Les études menées par Visa Consulting & Analytics devraient soutenir la mise en œuvre de cette initiative. Pour l’instant, l’initiative en est encore au stade des discussions, mais Christian Mbonapeka reste confiant et espère voir Madagascar évoluer vers une économie davantage digitalisée.
Nambinina Jaozara




