Toujours dans le cadre de l’application de l’Etat d’urgence énergétique, le gouvernement malgache suspend le mécanisme d’ajustement automatique des prix des carburants appliqué depuis janvier 2025. Le ministre de l’Energie et des hydrocarbures, Radonirina Lucas Rabearimanga, a officialisé cette mesure en marge de la rencontre avec la délégation du Fonds monétaire international (FMI) hier à Antaninarenina.
Le ministre justifie ce choix par « l’inadéquation du dispositif actuel face à la crise ». « Nous avons discuté avec le FMI. C’était un gros débat, parce que l’application de l’ajustement automatique des prix est une de ses conditionnalités », explique-t-il. « Nous avons donc discuté de la possibilité de suspendre ce mécanisme. On le suspend, et c’est la mesure d’urgence qui nous permet de le faire ».
En pratique, le mécanisme limite la hausse mensuelle à 200 ariary par litre. Or, l’écart avec les prix réels atteint des niveaux bien plus élevés. « Nous augmentons le prix de 200 ariary par mois alors que la hausse totale sur le prix réel est en moyenne de 1.600 ariary. Cela crée un écart entre le prix à la pompe et le prix réel », souligne le ministre. Cette différence peut générer un passif estimé à 1.500 milliards d’ariary. « Notre budget ne peut pas supporter cela », insiste-t-il.
La situation est aggravée par l’envolée des cours internationaux. Le prix du gasoil atteint environ 1.750 dollars la tonne. « Le prix FOB dépasse déjà 6.000 ariary par litre », indique le ministre, alors que le prix à la pompe reste fixé à 4.660 ariary actuellement. Ce montant n’inclut pas les coûts logistiques, le transport ou les taxes.
Nouveau mécanisme en gestation
Pour autant, le gouvernement exclut une hausse brutale des prix. « Si on applique immédiatement la vérité des prix, les consommateurs ne supporteront pas une telle hausse », prévient Radonirina Lucas Rabearimanga. L’exécutif privilégie donc une approche progressive. « La hausse des prix ne sera pas conforme au mécanisme d’ajustement automatique, mais ne suivra pas non plus la vérité des prix d’un seul coup », précise-t-il.
Face à cette pression, l’État engage des discussions avec le FMI pour adapter ses politiques. Le ministère de l’Économie et des Finances et celui de l’Énergie travaillent à définir de nouveaux tarifs conciliant contraintes budgétaires et protection des consommateurs.
L’état d’urgence énergétique, en vigueur pour 15 jours, vise aussi à sécuriser l’approvisionnement et à limiter les effets des tensions géopolitiques au Moyen-Orient. Le gouvernement prévoit également de soutenir la Jirama et d’accélérer le développement de l’énergie solaire, afin de réduire la dépendance du pays aux hydrocarbures.
Arh.




