La nouvelle Loi sur la production et la commercialisation du Toaka gasy sur tout le territoire national, régissant ainsi tous les stades de distribution du produit est bien peaufinée. Tout est expliqué dans ce texte de loi : définitions des termes et du circuit (tous les intervenants), des conditions inhérentes aux commerçants, des lieux de vente … . Rien n’a été oublié.
Et bien évidemment, les obligations fiscales de chaque intervenant dans le circuit sont bien mentionnées noir sur blanc, sans oublier en passant, toutes les sanctions éventuelles en cas d’infraction. Cette nouvelle loi comprend pas moins d’une quarantaine d’articles étalée sur presque une dizaine de pages. Tout a été fait suivant les normes.
Il n’y a qu’une chose sur laquelle on peut s’interroger : Pourquoi cette nouvelle loi a-t-elle été rédigée dans la langue de Molière ? Cette question trouve toute sa justification quand on sait à qui va s’appliquer cette nouvelle loi. Effectivement, ce texte de loi est destiné à des personnes qui, dans la plupart des cas, ne savent ni lire ni écrire.
Généralement et tout particulièrement les producteurs directs de Toaka gasy, sont des gens qui vivent en pleine brousse et qui sont loin d’avoir terminé leurs études. D’ailleurs, la production du Toaka gasy telle qu’elle est définie dans ladite loi s’effectue d’une manière artisanale ou traditionnelle. Pour cette raison, même s’ils savent lire, comprendre le français est une autre paire de manche.
Bien sûr, on va arguer que des explications vont être apportées ! Mais par qui? Les présidents de fokontany ? On doute fort de leur capacité à expliquer de long en large tous les tenants et aboutissants de la nouvelle loi. Il y a certainement des exceptions. Mais ce sera rare. De toutes les façons, certaines personnes vont profiter de la situation pour exploiter les producteurs.
Ainsi, ils resteront sous leur coupe. Il faut savoir que l’accès à la compréhension d’un texte de loi est un énorme avantage pour ceux qui ont la chance de l’avoir. C’est une énorme avance sur les autres de comprendre toutes les ficelles d’une loi. Or la langue utilisée permet déjà de faire un tri et donc constitue un lourd handicap pour ceux qui, ici, ne comprennent pas le français.
Il aurait été plus cohérent et plus pratique que cette loi ait été rédigée dans la langue nationale, en malgache. Il y aurait eu beaucoup plus de chance qu’un plus grand nombre d’intéressés en soit informé. Dans le cas présent, beaucoup d’entre eux ignorent à quoi ils s’exposent en cas d’infraction. Pourtant, les règles sont bien claires : Nul n’est censé ignorer la loi
Ranaivo Lala Honoré




