Rebelote

Et revoilà que les jeunes regroupés au sein de la plate­forme « Gen Z», reviennent sur le devant de la scène politique. Dans leur ligne de mire, ils veulent juste la dissolution de l’Assemblée nationale, la Ceni ou encore la HCC, sans l’intention de déstabiliser voir de faire tomber le régime en place, selon leurs dires. A la place de ces institutions clés qui semblent faire l’unanimité auprès de l’opinion, ils proposent la mise en place de nouvelles structures, plus crédibles et représentatives. De ce point de vue, leurs revendications sont légitimes.
Sauf que de l’autre côté de la barrière, notamment des dirigeants actuels et leurs partisans, ils y voient une manœuvre de déstabilisation à des fins politiques, pour mettre des bâtons dans les roues du régime de la Refondation. Ils sont même convaincus que ces jeunes sont non seulement instrumentalisés, mais également soutenus financièrement par des acteurs politiques bien établis. Rien n’est sûr.
Pour le pouvoir en place, le fait de voir en première ligne, des figures candidates de la Gen Z, recalées au poste de ministre, suscite des questions et des doutes. Contestation spon­tanée ou calculée ? L’avenir nous le dira. Mais, il y a une réalité qu’on ne peut pas ignorer, la jeunesse malgache est divisée. Et autant dire que cela convenait à certains, pour faire contre poids à la manifestation de la Gen Z, qui n’arrange rien.
Faut-il pour autant s’étonner de cette tension palpable ? Pas vraiment, il fallait même s’y attendre. Quatre mois après la chute du régime Rajoelina, force est de constater que la Refondation tant martelée reste un vain mot quitte même à servir d’abri politique pour des figures trainant des casse­roles.
Cela étant, la jeunesse a un rôle essentiel à jouer dans la construction du pays. Mais encore faut-il qu’ils doivent peser lourd dans la balance. À défaut, elle risque de devenir un simple levier dans des jeux politiques qui la dépassent.

Rakoto

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