Quand les alliés potentiels sont considérés comme des adversaires à craindre, devenus même cibles des menaces et des persécutions, car ils ont adopté une nouvelle façon de voir les choses, conforme même à l’avis général et aux déclarations faites au tout début, sans calcul politique ni arrière-pensée, ça craint. La tension qui en découle, ouvre inéluctablement une nouvelle crise qui va changer le paysage politique malgache avant même les élections présidentielles à venir.
Et pour ce régime de la Refondation, propulsé au sommet du pouvoir par le mouvement Gen Z qui a réussi là où les politiques ont échoué, ce n’est pas vraiment le moment de
tenter le diable. Déjà des voix s’élèvent pour interpeller les dirigeants, en l’occurrence le chef de l’Etat, sur les risques d’atteinte à la liberté d’expression et d’opinion suite aux arrestations de trois membres de la Gen Z, qui ne veulent rien savoir des conséquences de la dissolution des institutions, qualifiée d’inconstitutionnelle.
Dans un contexte de concertation nationale où la popularité de Michaël Randrianirina reste stable, ce régime n’a pas intérêt à ce que l’Etat de droit s’effrite, qui va ternir son image et miner la confiance de la population. Il est crucial de préserver la stabilité politique, la sécurité et l’indépendance du pays, sans laisser installer la dérive autoritaire.
C’est dire que la crédibilité de la Refondation est en jeu. Et les dirigeants actuels doivent prouver qu’ils sont à la hauteur des attentes, au lieu de se créer des ennemis « inoffensifs ». Les jeunes veulent se faire entendre, casser les codes et faire bouger les lignes. Quand on parle de la refondation, ils sont contre la politique politicienne qui ne constitue par une expérience de référence en la matière. Si c’est le cas, Madagascar n’en serait pas là aujourd’hui. Peut-être que l’exemple vient aussi d’en bas.
Rakoto




