On approche bien du mois de mai. On le sent et on le voit. C’est bien connu de tous depuis des décennies : Le mois de mai est porteur d’une certaine ambiance de tension au niveau de la société : C’est la période des grèves et de tout ce qui y ressemble. Et cette année ne fait pas exception.
A Antananarivo, ces derniers jours ont été marqués par les tribulations des marchands ambulants de Behoririka qui ont contesté la mise en place d’une nouvelle organisation initiée par les responsables de la Capitale. Et comme d’habitude, ce sont les bennes à ordures de la Commune qui en fait les frais.
Bien évidemment, il s’en est suivi une importante perturbation de la circulation qui, d’ailleurs, a été le sujet des nouvelles dispositions. En effet, en raison de l’occupation des trottoirs et d’une partie de la chaussée par les marchands et les taxi-motos en stationnement, y circuler est devenu de plus en plus difficile.
Il s’agissait, ni plus ni moins, de mettre un peu plus d’ordre dans ce quartier. D’autant plus qu’il existe déjà sur place un marché couvert sur plusieurs étages. Mais les marchands refusent de s’y installer arguant que les clients s’y font rare. Mais est-ce une raison valable d’occuper illégalement la place publique ?
A Vohémar, un présumé voleur de moto et assassin a été évacué dans une autre localité par crainte d’une vindicte populaire. C’était une décision préventive prise par la police locale. Mal lui en a pris parce que la population a été fortement frustrée par l’absence sur place du présumé coupable.
Elle s’en est alors prise au bâtiment qui abrite le commissariat en l’incendiant et en trainant l’adjoint du commissaire sur la place publique comme un vulgaire bandit. En passant, on ne peut manquer de s’étonner qu’aucune organisation défendant les droits de l’homme ne se soit manifestée. Pourquoi ?
Quoi qu’il en soit, ces deux évènements montrent bien la faillite d’autorité au niveau des responsables de l’ordre et de la sécurité publics. On peut toujours se demander si tout cela est spontané ou volontairement organisé pour susciter des troubles. Tout est possible.
On comprend mieux pourquoi certaines personnes souhaitent un régime fort, montrant plus de poigne, même si cela s’apparente plus ou moins à la dictature. Surtout, quand chacun peut se permettre de faire ce qu’il veut, comme bon lui semble, même si cela contrevenait à la loi.
Il est indiscutable que de telles scènes ne doivent pas se multiplier et surtout si on n’enregistre aucune réaction de la part des autorités responsables. Elles peuvent encourager d’autres manifestations identiques. Et le cas échéant, on peut alors dire que nous sommes au bord de l’anarchie.
Ranaivo Lala Honoré




