Dialogue de sourds ?

Il y a comme un léger décalage dans l’air. D’un côté, une invitation en bonne et due forme lancée par le Premier ministre à l’endroit des associations de la Gen Z, conviées à venir présenter des propositions pour contribuer au développement du pays. De l’autre, des appels à boycotter qui continuent de circuler, notamment sur les réseaux sociaux.
Sur le papier, l’initiative gouvernementale a tout d’un geste d’ouverture en voulant écouter la jeunesse. L’exercice est salutaire, presque attendu. Mais dans les faits, tout n’est pas aussi fluide. Car pendant que certains jeunes s’apprêtent à franchir les portes du Palais d’État de Mahazoarivo, d’autres dénoncent des interpellations au sein de leurs rangs.
Dans ce contexte, la perception d’un deux poids, deux mesures alimente un malaise déjà palpable. Et comme souvent, ce sont les réseaux sociaux qui en deviennent la caisse de résonance, amplifiant frustrations et incompréhensions.
Les revendications d’une partie de la jeunesse au sein du mouvement ne manquent pas. Parmi celles qui circulent figurent des demandes fortes, comme la dissolution de l’Assemblée nationale et la Haute Cour constitutionnelle. À cela s’ajoutent des dénonciations de pressions sur certains membres du mouvement ainsi que des appels à la libération de personnes récemment interpellées. Le gouvernement assure pourtant que ces personnes sont impliquées dans des affaires douteuses. Sommes-nous donc face à un dialogue de sourds, où chacun parle sans réellement entendre l’autre ? Apparemment, oui.
En tout cas, entre volonté d’ouverture institutionnelle et crispations sur le terrain, l’équilibre est fragile. Et dans ce moment, tout l’enjeu sera sans doute de transformer les invitations en véritable écoute et les revendications en échanges constructifs. Faute de quoi, les bonnes intentions risquent de se perdre dans le brouhaha ambiant.

Rakoto

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