Portrait : Diamondra Randrianirina entre deux mondes, une même ambition

Diamondra Randrianirina est ingénieure en bâtiments et travaux publics. Son aventure entrepreneuriale débute en 2020. C’était un virage à 180 degrés pour elle à l’époque. Elle avait changé de métier et de secteur d’activité pour travailler à son compte, dans le cosmétique naturel. Cinq ans plus tard, elle revient sur les chantiers. Cette fois, en tant qu’entrepreneure. Rencontre.

Pourquoi avoir choisi le monde du cosmétique et des soins naturels ?
Les remèdes naturels et les cosmétiques naturels connaissaient un grand succès en 2020, pendant la Covid. Et moi, j’étais au chômage. Les chantiers étaient suspendus. Comme je ne pouvais pas me permettre de rester sans activité, j’avais saisi cette opportunité.

Quels ont été vos plus gros défis au démarrage ?
La recherche des premiers clients. Je n’avais aucune notion de marketing. J’avais des lacunes en gestion financière. Je ne savais pas, au début, qu’il fallait séparer le budget personnel de l’argent de l’entreprise. Mais j’ai beaucoup appris. Ce sont surtout les formations ponctuelles qui m’ont permis d’avancer.

Et donc, comment avez-vous fait pour trouver vos premiers clients ?
J’ai distribué, gracieusement, mes produits à mon entourage au début. Les retours obtenus m’ont permis de recueillir des témoignages, que j’ai ensuite partagés sur notre page Facebook. Les premiers clients sont ainsi arrivés progressivement.

Vous avez récemment créé une entreprise dans le BTP. Pourquoi revenir à ce secteur ?
Mes projets partent toujours de besoins observés ou exprimés. Ces dernières années, les coupures d’électricité et pénuries d’eau étaient au centre des préoccupations. Je me disais donc qu’une habitation conçue pour fonctionner indépendamment des réseaux publics, autant que possible, serait l’idéal. Et comme je pensais qu’il était temps de revenir, pourquoi ne pas concilier les deux et créer une entreprise qui propose une maison autonome ?

Comment s’effectue le passage du secteur cosmétique au BTP au quotidien ?
Le changement de casquette se fait très rapidement et naturellement. Les deux secteurs peuvent très bien coexister. D’ailleurs, j’ai une troisième activité dans le textile qui complète les deux. Je dois reconnaître que les années d’expérience acquises dans le domaine des cosmétiques m’ont beaucoup aidée.
Vous êtes entrepreneure depuis presque six ans maintenant. Y a-t-il des obstacles particuliers auxquels les femmes entrepreneures font face selon vous ?
Personnellement, je trouve qu’on commence à reconnaître la valeur d’une femme entrepreneure chez nous. Elles sont même valorisées et admirées aujourd’hui. Je ne dirais pas pour autant que le rôle de femme au foyer ou autre est négatif. En tout cas, pour ma part, je n’ai pas été confrontée à des critiques ou à des difficultés majeures liées au fait d’être entrepreneure.

Et dans le BTP particulièrement, avez-vous déjà été confrontée à des préjugés ou à des résistances ?
Sur les chantiers, oui. Vous voyez, par exemple, certains maçons peuvent être réticents à recevoir des directives d’une femme. Moi, je leur fais toujours comprendre qu’il ne s’agit pas de leur imposer des ordres, mais de collaborer avec eux pour atteindre un objectif commun. J’essaie d’être la plus compréhensive possible pour m’intégrer dans l’équipe. À l’époque, quand j’étais encore dans le secteur, je travaillais avec mon père, et je faisais déjà face à ce type de situation. Cela existait donc bien avant que ne je crée ma propre entreprise. Aujourd’hui, pour m’assurer un environnement idéal, j’ai aussi quelqu’un avec moi, un homme. Sur les chantiers toutefois, j’explique toujours aux maçons que nous maîtrisons tous ce métier. Les directives sont là pour garantir la qualité du travail exigée par nos clients. Et aussi que mes remarques peuvent leur être utiles.
Quelle est votre plus grande ambition ?
Ma priorité est d’offrir des produits de qualité aux Malgaches. Je souhaite également faire rayonner notre savoir-faire à l’échelle internationale.

Propos recueillis par
Fenitra Rarivoson

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