Les prix des carburants augmentent à nouveau à Madagascar. Depuis ce dimanche à minuit, une hausse uniforme de 200 ariary par litre s’applique à tous les produits à la pompe. Cette décision met fin à la baisse accordée début mars et maintenue durant le mois d’avril.
Les nouveaux tarifs retrouvent exactement leur niveau de février 2026. Le super carburant s’établit à 5.100 ariary le litre. Le gasoil atteint 4.860 ariary. Le pétrole lampant est fixé à 3.710 ariary. Cette évolution reste toutefois contenue. Elle ne dépasse pas le plafond prévu par l’ancien mécanisme d’ajustement automatique des prix.
Pourtant, l’écart entre les prix réels et ceux appliqués à la pompe reste important. Les autorités évoquent un gap de plus de 1.600 ariary. Malgré cela, elles ont opté pour une hausse limitée. Le mécanisme automatique, suspendu depuis l’état d’urgence sanitaire, n’est toujours pas réactivé. La révision actuelle relève ainsi d’une décision administrative.
Le ministre de l’Énergie et des hydrocarbures explique que « les discussions avec l’État ont permis de fixer un niveau compatible avec le pouvoir d’achat des Malgaches ». Il ajoute que « la hausse des paramètres internationaux est réelle, mais la décision tient compte de la situation sociale ».
Hausse à l’international
Sur le marché international, les prix ont fortement progressé depuis février. Le super carburant affiche une hausse de 49,3 %, le pétrole lampant grimpe de 134,4 % et le gasoil augmente de 137,1 %. Malgré ces évolutions, les prix à la pompe étaient restés inchangés jusqu’ici.
Le Fonds monétaire international (FMI) souhaite mettre en œuvre des réformes. A l’issue de sa mission pour les troisième et quatrième revues des programmes FEC et FRD, l’institution avait souligné que « le maintien d’un mécanisme automatique est essentiel pour amortir les chocs liés aux cours mondiaux ». Elle estime aussi que « cette mesure permettrait de préserver le budget public et de financer les priorités de développement ». « L’extension des énergies renouvelables est une stratégie clé pour réduire la dépendance aux carburants fossiles », note l’institution.
Cette nouvelle hausse marque donc un équilibre fragile. Entre contraintes internationales et impératifs sociaux, les autorités avancent avec prudence. Mais la question d’un ajustement durable des prix reste entière.
Arh.




