« Madagascar s’est engagé à atteindre 80% d’accès à l’électricité d’ici 2030, ce qui représente un besoin d’investissement de plus de 7 milliards de dollars dont une part significative devra être portée par le secteur privé, qui lui-même a besoin d’un environnement favorable pour pouvoir se déployer » a déclaré Arnaud Guillois, ambassadeur de France à Madagascar à l’occasion de la Journée des Projets Equipe Europe qui s’est déroulé à l’esplanade de l’Université d’Antananarivo, dans le cadre de la célébration de la Semaine de l’Europe 2026.
Dans cette optique, il a insisté sur le fait que l’ensemble du secteur de l’énergie requiert une profonde transformation dans la Grande Ile. D’autant plus que le taux d’accès au niveau national reste inférieur à 40% et chute même à moins de 15% en milieu rural. « Dans de nombreuses régions, l’énergie et l’électricité restent encore rares, couteuses et intermittentes » a-t-il spécifié. Il a ajouté que l’Europe continue de se mobiliser auprès de ses partenaires, et singulièrement à Madagascar, pour accompagner les transitions énergétiques. L’ambassadeur de France à Madagascar a souligné qu’à Madagascar, l’accès à l’électricité reste un des principaux défis à relever pour permettre une croissance économique durable, à laquelle chacun des 32 millions de Malgaches a légitimement droit.
Confronter à des contraintes
Il a évoqué la nécessité de l’ambition de Madagascar vis-à-vis du contexte. « Néanmoins, cette ambition se heurte à des contraintes parfaitement identifiées par les pouvoirs publics et les partenaires internationaux », a avancé l’ambassadeur Arnaud Guillois. Il a, entre autres, cité la fragilité de l’entreprise publique Jirama, malgré les efforts de redressement, ainsi que les investissements privés insuffisants en raison du climat des affaires. A cela s’ajoutent les incertitudes sur le cadre à la fois tarifaire et règlementaire qui freinent l’engagement du secteur privé.
L’équipe Europe est fortement mobilisée aux côtés de Madagascar dans le cadre de la transformation de l’ensemble du secteur énergétique. « Aujourd’hui et sur l’ensemble du quinquennat, plus de 260 millions d’euros sont déjà engagés dans le secteur de l’énergie à travers une quinzaine de projets couvrant l’ensemble de la chaîne de valeur », a affirmé l’ambassadeur de France à Madagascar. Par ailleurs, la question des énergies a été discutée lors de la table ronde sur la formation et l’employabilité des jeunes qui s’est déroulée au sein de la Bibliothèque et Archives Universitaires (BAU) à Ankatso hier.
Jean Riana




