Banky Foiben’i Madagasikara (BFM) choisit la prudence. A l’issue de la réunion trimestrielle de son Comité monétaire, la Banque centrale décide de maintenir son taux directeur à 12 %. Une décision motivée par un environnement économique incertain, marqué par des pressions inflationnistes persistantes.
Lors de la présentation de son rapport hier devant les membres du secteur privé à Antaninarenina, l’institution souligne que « le maintien du taux directeur vise à stabiliser l’économie dans un contexte de fortes incertitudes ». L’objectif consiste à contenir l’inflation et la ramener à 5 % à moyen terme.
Après un ralentissement progressif en 2025, l’inflation repart légèrement à la hausse début 2026. Elle passe de 6,1 % en janvier à 6,8 % en mars, principalement tirée par l’augmentation des prix alimentaires. Toutefois, BFM nuance en indiquant que «les produits de première nécessité demeurent globalement stables».
BFM alerte néanmoins sur des risques. « Les pressions inflationnistes proviennent à la fois de facteurs externes et internes », précise-t-elle. La hausse des prix du pétrole, du fret maritime et des intrants agricoles s’ajoute à des dynamiques internes comme l’augmentation des salaires.
L’ariary s’apprécie
Sur le plan international, la situation reste fragile. Le ralentissement de la croissance mondiale et une inflation encore élevée continuent d’impacter l’économie malgache. « Les chocs extérieurs se transmettent à travers les coûts de l’énergie et des importations », explique le gouverneur de BFM, Aivo Handriatiana Andrianarivelo.
Au niveau national, le climat économique reste morose. Les enquêtes révèlent un recul de l’activité et une incertitude accrue chez les opérateurs, malgré une croissance estimée à 3,8 % pour 2026.
Quelques indicateurs offrent toutefois des motifs d’optimisme. L’ariary s’apprécie, le solde commercial s’améliore et les réserves de change restent confortables. Mais pour BFM, ces signaux positifs ne suffisent pas à relâcher la vigilance.
« Le maintien du taux directeur est nécessaire pour consolider la désinflation et préserver la stabilité financière », insiste l’institution. Dans un contexte incertain, la Banque centrale choisit donc de temporiser, et de garder le cap sur la maîtrise des prix.
Arh.




