Dans son rapport “État des lieux de l’économie africaine – Avril 2026”, la Banque mondiale évalue le niveau de préparation des pays africains face à ce type de choc externe à travers plusieurs indicateurs liés à l’exposition énergétique, à la vulnérabilité économique et à la marge de manœuvre budgétaire. Pour Madagascar, les données révèlent une situation encore maîtrisable sur certains aspects, mais marquée par une forte sensibilité aux fluctuations des marchés internationaux.
Exposition : une forte dépendance énergétique extérieure
Avec des importations nettes de pétrole et de gaz représentant 4,5% du PIB en 2024, Madagascar reste fortement dépendant des marchés internationaux pour son approvisionnement énergétique. Cette dépendance expose directement le pays aux tensions géopolitiques mondiales, notamment au Moyen-Orient, où transitent une grande partie des exportations mondiales d’hydrocarbures. Une hausse des prix du pétrole entraîne rapidement une augmentation des coûts du transport, de l’électricité et des produits importés, avec des répercussions directes sur l’économie nationale et le pouvoir d’achat des ménages.
Vulnérabilité : une économie sensible aux chocs extérieurs
Les indicateurs de vulnérabilité montrent que Madagascar demeure fragile face à un choc énergétique mondial. Les besoins de financement extérieur atteignent 9% du PIB en 2025, traduisant une forte dépendance aux financements et aux devises étrangères pour couvrir les importations et les obligations extérieures du pays. À cela s’ajoute un taux d’inflation de 7,2%, signe que les prix sont déjà sous pression. Dans un contexte de hausse des prix de l’énergie, cette inflation pourrait davantage affecter les produits de consommation courante et le coût de la vie. Toutefois, les réserves de change, estimées à 5,8 mois d’importations, offrent encore une certaine capacité d’amortissement à court terme.
Marge de manœuvre politique : des capacités d’intervention limitées
Sur le plan budgétaire, Madagascar dispose d’une marge de manœuvre relativement limitée pour faire face à un choc prolongé. La dette publique brute représente 52,7% du PIB en 2025, un niveau encore maîtrisable mais qui réduit progressivement les capacités d’endettement de l’État. Par ailleurs, le déficit budgétaire de -3,1% du PIB montre que les finances publiques restent sous pression. Dans ce contexte, la capacité du gouvernement à mettre en place des mesures de soutien, telles que des subventions énergétiques ou des aides aux ménages et aux entreprises, pourrait être contrainte en cas de nouvelle flambée des prix internationaux du pétrole.
Nambinina Jaozara




